Justice Papa Parité Parentale      Union Nationale
    J'ai autant droit à mon papa qu'à ma maman
Egalité parentale, séparation, divorce
  Jeudi 11 Mars 2010
Dossiers
   
 
 

Etat des connaissances scientifiques sur la résidence alternée

Synthèse bibliographique réalisée par Claude Bailly, fondateur/animateur du site :

www.residence-alternee.com

Avertissement

Ce document rassemble et synthétise les publications récentes tant françaises qu'internationales sur le développement du petit enfant. Il cite les travaux publiés dans les revues scientifiques ou en livre par des chercheurs universitaires, psychologues, cliniciens, psychiatres, pédiatres, sociologues, ethnologues, …

Il met l'accent sur les connaissances confirmées expérimentalement et sur les analyses rigoureuses basées sur l'observation. Il convient, en effet, de différencier ce qui est connaissance scientifiquement vérifiée de ce qui est hypothèse, croyance a priori, opinion affirmée sans justification ou encore généralisation sans précaution d'un cas individuel.

Sommaire

 

Résumé des citations


 

Les enfants sont attachés au père comme à la mère dés le plus jeune age.
On sait aujourd'hui sans ambiguïté que, dés la naissance, le père est autant que la mère nécessaire au développement affectif et psychologique de l'enfant. Les réactions d'attachement et l'angoisse de la séparation existent pour le père comme pour la mère.
La résidence alternée favorise l'équilibre psychologique de l'enfant.
Les études empiriques montrent que les enfants bénéficiant d'une résidence alternée ont un meilleur équilibre psychologique, relationnel et éducatif que les enfants résidant chez un seul parent.
Les nourrissons bénéficient aussi de la résidence alternée.
L'observation de nourrissons dans des cas réels de résidence alternée ne montre aucune contre-indication.
La résidence alternée fonctionne même sans entente entre les parents
L'entente entre les parents n'est pas une condition nécessaire aux bienfaits sur les enfants. De nombreux cas sont observés ou, tout en hébergeant chacun l'enfant à parité, les parents sont en désaccord ou en conflit.
Les jeunes enfant bénéficiant de la présence continue de leur père ont un meilleur développement.
Les études comparatives montrent un retard de développement chez les enfants de moins de deux ans élevés uniquement par leur mère par rapport aux enfants élevés par leurs deux parents. Le handicap est encore plus accentué pour les garçons de mère seule.
La présence du père est nécessaire au développement de l'identification sexuelle du nourrisson garçon.
Chez le garçon, l'absence du père et l'intimité prolongée avec la mère pendant sa deuxième année induit un danger de perturbation irréversible de l'identification au genre masculin. Le risque est encore accentué si la mère est séparée et n'a plus de relation de couple.
Les hommes sont aussi compétents et efficaces que les femmes.
L'observation scientifique ne montre aucune infériorité ou supériorité intrinsèque de l'homme sur la femme pour élever des jeunes enfants. La place prépondérante accordée à la mère en occident au XIX ème et XX ème siècle n'a aucun fondement scientifique. Elle semble être purement idéologique et culturelle, liée au partage social des rôles entre hommes et femmes.

 

 

Les enfants sont attachés au père comme à la mère dés le plus jeune âge


 

Résumé :

 

 

On sait aujourd'hui sans ambiguïté que, dés la naissance, le père est autant que la mère nécessaire au développement affectif et psychologique de l'enfant. Les réactions d'attachement et l'angoisse de la séparation existent pour le père comme pour la mère.

BOWLBY et AINSWORTH, autour des années 1960-1970, ont étudié et décrit l'attachement et la séparation d'un enfant et de sa mère. Ils ne se sont intéressés qu'à une moitié des interactions parent-enfant : la partie mère-enfant, à "la façon dont les jeunes enfants réagissent lorsqu'ils sont séparés de leur mère et ultérieurement lorsqu'ils sont réunis à nouveau."

BOWLBY J., Attachement et perte, volume 1 : L'attachement, Paris PUF 1978 (1ère édition 1969) p79


Depuis, les chercheurs ont aussi étudié l'autre moitié des interactions parent-enfant : l'attachement père-enfant, parallèlement à l'attachement mère-enfant. Leurs résultats généralisent la théorie de BOWLBY:

"On retiendra de cet ensemble de travaux des années 75 que, dans les situations de la vie quotidienne, les pères "tout-venant" apparaissent comme des figures d'attachement aussi efficaces que les mères, bref, comme des partenaires du bébé émotionnellement compétents."
"Au même titre que la mère, le père se comporte comme une figure d'attachement et peut, en conséquence, recevoir et émettre des signaux caractéristiques de cette relation primaire."

LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p95-108 (p98, p108)


Le Docteur Michael LAMB, en 1996, résume l'état des connaissances récemment acquises sur le père et le développement de l'enfant :
" il y a des preuves substantielles que les nourrissons forment des attachements avec aussi bien les mères et les pères à peu près au même point pendant la première année de vie."

LAMB Michael E; The development of Father-Infant Relationship; in The role of the fathers in Child development; 3e edition, John Wisley New York 1996, p119-120

LAMB étudie les relations entre parents et enfants : "Vingt nourrissons ont été observés chez eux interagissant avec leur mère, leur père et un enquêteur étranger, quand ils avaient 15, 18, 21 et 24 mois. Les nourrissons ont montré des préférence significatives pour leur père par rapport à leur mère dans leur démonstration de comportement d'attachement et d'affiliation. […] A 24 mois, les nourrissons étaient observés dans une salle de jeu de laboratoire avec leurs parents. Dans cette situation, les nourrissons ne montrèrent aucune différence entre les parents dans leur démonstration de comportement d'attachement et d'affiliation. Ils interagirent beaucoup plus avec chaque parent quand ils étaient seul avec lui qu'avec les deux présents ensemble. La présence d'un étranger avait un effet similaire sur l'interaction d'affiliation à l'intérieur de chaque dyade parent-nourrisson, bien que l'effet de l'étranger se différentie par l'intensification du système de comportement d'attachement."

LAMB M. E. ; The development of mother infant and father infant attachments in the second year of life ; Developmental psychology, 13, 6 p637-648 1977 p637

Mary MAIN et Donna WESTON ont aussi étudié l'attachement de 46 enfants à un an et à 18 mois en utilisant la méthodologie et la classification de AINSWORTH. Le résultat est que les enfants se sentent en sécurité indépendamment avec leur père ou avec leur mère. Un enfant peut très bien être sécurisé à un moment avec sa mère et sécurisé à un autre moment avec son père. Et il n'y a pas de corrélation entre les deux.

MAIN M. , WESTON D. , "The quality of the toddler's relationship to mother and father : related to conflict behavior and the readiness to establish new relationships", Child development, 1981, 52, p.932-940


KROMELOW et ses collaborateurs ont montré que les garçons entre 1 an et 2 ans qui sont attachés aux deux parents sont plus sociables vis-à-vis d'une "étrangère" lorsqu'ils sont avec leur père que quand ils sont avec leur mère.

KROMELOW S. et al ; The role of the father in the development of stranger sociability during the second year Amer J. Orthopsychiat. P521-530 60, 1990


CRAMER et BRAZELTON
T. BRAZELTON est un pédiatre de renommée internationale, spécialiste du développement de l'enfant. B. CRAMER est professeur de psychiatrie infantile, pionnier dans le domaine de la psychothérapie mère-enfant.
Ils rappellent les découvertes de KROMELOW et de KOTELCHUK :
"On a pu démontrer que, pendant la deuxième année, le père est perçu par le jeune enfant comme un partenaire social différent de la mère, ce qui entraîne une organisation alternative du comportement. (Kromelow, Harding et Touris, 1990)
Par ailleurs, les récentes études sur l'interaction ont démontré un phénomène qui nous force à reconnaître l'importance d'un attachement primaire entre bébés et pères. Lorsque le père est réellement présent (psychiquement et géographiquement), les bébés démontrent des capacités d'attachement envers lui presque aussi tôt qu'en ce qui concerne les mères (Kotelchuck, 1976). […] ces études démontrent que le père peut être un parent compétent d'emblée, entraînant un attachement plus précoce au père que nous l'avions imaginé jusqu'alors"

BRAZELTON T. B et CRAMER B, Les premiers liens, Paris Stock 1990, p54-55


HUBIN-GAYLE :
" Le lien qui les unit [les pères] à leurs enfants, s'il est différent de celui établi avec la mère, n'en est pas moins fort pour autant. "

HUBIN-GAYLE Mylène, Les bébés, collection idées reçues, p100


Elisabeth FIVAZ-DEPEURSINGE, en 1999, après avoir observé des bébés de 3 mois, 9 mois et des parents en attente de naissance, parle du "triangle primaire" existant dés la grossesse. Ce triangle est le cadre de référence des relations du bébé :

"Le bébé et ses parents communient à trois dés la première année. Le bébé de 3 mois comprend parfaitement qu'il a deux interlocuteurs égaux lorsque ses parents alignent leurs corps à distance de dialogue et s'adaptent de manière flexible aux orientations du bébé vers l'un ou l'autre. Alors il s'oriente vers l'un puis vers l'autre partageant ainsi ses affects entre ses deux parents."

"Lorsqu'on observe un bébé de trois mois en interaction avec ses deux parents, on ne peut non plus manquer de découvrir qu'il coordonne son attention entre ses deux parents, voire même qu'il partage ses affects avec eux deux, dans des préfigurations des moments de communion de sentiments. Enfin, et ce n'est pas surprenant pour des cliniciens, tout cela se prépare pendant la grossesse. Devenir parent, c'est donc devenir co-parent dans le triangle primaire formé avec le bébé."

FIVAZ-DEPEURSINGE Elisabeth, Le bébé et ses parents communient à trois dés la première année de vie ; devenir père devenir mère, M Dugnat éd Romonville St Agne , 1999, p69, p71


Jean LE CAMUS, docteur d'état en psychologie, professeur de psychologie, responsable des recherches sur la psychologie du jeune enfant à l'Université de Toulouse :

"Il est donc clair désormais qu'au cours des 9 premiers mois de la vie (et à plus forte raison dans les 3 mois et les 2 années qui suivent) l'enfant engramme sans les confondre, les stimuli sensoriels, les modes de communication verbale et non verbale, les affects émis par chacun des deux parents"

"A l'aube du XXIe siècle, il ne paraît plus possible de soutenir que la fonction du père n'est légitimée que par le bon vouloir de la mère, que cette fonction peut être indifféremment remplie par un homme ou une femme, qu'elle n'a de prise qu'à partir de l'âge de 18 mois ou à partir du moment où l'enfant est entré dans le stade œdipien, qu'elle se réduit à l'introduction et la mise en application de la Loi - autant d'affirmations convenues qu'on répète à longueur d'ouvrage sans même se donner la peine de les soumettre à l'épreuve de l'expérience clinique"

"Il n'y a pas un "âge de la mère" au cours duquel l'enfant aurait seulement besoin d'affection, puis un "âge du père" au cours duquel prévaudrait le besoin d'autorité (seconde enfance et adolescence). C'est dés le commencement et tout au long de l'enfance que la mère et le père doivent se rendre présent et s'impliquer chacun à leur manière comme de véritables coacteurs de la structuration psycho-affective et du développement de leur enfant."

LE CAMUS Jean, Le vrai rôle du père, édition Odile Jacob, 2000 p94, p166, p138


Elisabeth BADINTER, philosophe, écrivain, rappelle : "Le nouveau père/mère apporte un démenti éclatant à la thèse de l'attachement exclusif du nourrisson pour sa mère (John Bowlby), et à sa conséquence : un bébé ne peut s'attacher qu'à une seule personne à la fois. Les travaux précurseurs de M. Lamb ou M. Yogman montrent qu'il n'en est rien. C'est le parent qui investit le plus son bébé qui devient le principal objet d'attachement - sans distinction de sexe - et ce rapport préférentiel n'en exclue pas d'autres. de plus les préférences changent avec l'âge. Si une majorité d'enfants semblent plus proches de la mère la première année, tous changeront plusieurs fois de parent favori au cours des deux années suivantes. Cela dépend des étapes psychologiques, du sexe de l'enfant et des circonstances extérieures (Ehrensaft 1987). Mais, quelle que soit l'évolution de ses sentiments, l'enfant intériorise ses deux parents disponibles et n'est plus enfermé dans une relation à deux qui risque de l'étouffer."

Elisabeth BADINTER ; XY, de l'identité masculine ; Paris Odile Jacob 1992, Le Livre de Poche p264.

 

 

La résidence alternée favorise l'équilibre psychologique de l'enfant.


Résumé :

 

 

Les études empiriques montrent que les enfants bénéficiant d'une résidence alternée ont un meilleur équilibre psychologique, relationnel et éducatif que les enfants résidant chez un seul parent.

Notons que la résidence alternée (ou garde conjointe) est légale et recommandée en Suède comme dans nombre d'états d'Amérique. Elle y représente jusqu'à 44% des enfants concernés.

KUHN Richard et GUIDUBALDI John, Child custody policies and divorce rates, 11° conférence annuelle du Conseil des Droits de l'Enfant, 23-26 octobre 1997, Washington USA ;
CLARKE S.C., Advance report of Final Divorce Statistics, 1989 and 1990. Monthly Vital Statistics report, Centers for Disease Control and Prevention/National Center for Health Statistics, Vol. 43, N° 9, 1995


L'étude de la C.N.A.M. (CIMMERSS, Gérard NEYRAND) :
Une étude sociologique, comparant la résidence unique et la résidence alternée a été réalisée au début de années 1990 pour la Caisse Nationale d' Assurance Maladie. Elle conclue :

" Les effets symboliques et psychologiques d'une telle pratique apparaissent considérables "

" Ce sont d'abord les enfants qui motivent la mise en place d'une résidence alternée. Comme leurs parents, la plupart des enfants explicitent clairement leur intérêt à ce sujet, aussi bien par l'adhésion qu'ils y manifestent que par les retombées dont ils disent bénéficier. "

" Parmi les multiples intérêts psychologiques et relationnels que les enfants peuvent avoir à l'alternance, l'un d'entre eux est présenté comme primordial : pouvoir maintenir le contact régulier avec ses deux parents."

" Mais l'équilibre est aussi l'équilibre psychologique des enfants. Beaucoup de parents évoquent cet aspect qui, pour eux, est primordial. On tente à tout prix de préserver celui-ci en offrant à l'enfant le moyen de continuer sa relation avec les deux parents, dans un cadre où les risques sont souvent limités au maximum. "

" L'intérêt de l'alternance réside aussi dans ses effets éducatifs, effets que la moitié des parents énoncent à la fois comme conséquence de leur plus grande disponibilité et comme effet de complémentarité entre les deux parents, d'équilibre éducatif. "

NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001, p99,100,102,103,107
NEYRAND Gérard, MEKBOUL Sahra "résidence alternée de l'enfant et exercice commun de l'autorité parentale chez les parents séparés" CIMERSS/CNAF et Fondation de France, 1993


La psychologue L. FABRE après avoir étudié 30 " alternants " constate :

" l'agressivité est massivement inhibée ; cela pour que l'enfant conserve la possibilité de profiter de l'apport éducatif de ses deux parents. […]
- [les inconvénients] ne sont envisagés qu'en terme d'inconvénients matériels "

FABRE L., un nouveau mode de garde : la garde alternée, Le journal des psychologues, N°28, juin 1995


Gérard POUSSIN et Elisabeth MARTIN-LEBRUN ont mené une étude auprès de plus de 3000 enfants en classe de sixième, en 1995-1996. Ils relèvent que les enfants en résidence alternée " présentaient un score d'estime de soi supérieur à celui des autres enfants de parents séparés et même à l'ensemble de la population. " Ils concluent alors:

" L'hébergement alterné n'est pas une panacée, mais il représente la moins mauvaise solution qu'ont trouvé les parents pour continuer à assumer leur fonction parentale au-delà de leur séparation, ils doivent être écoutés sans a priori doctrinal. "

MARTIN-LEBRUN Elisabeth et POUSSIN Gérard, Conséquence de la séparation parentale chez l'enfant, Eres, Ramonville Ste Agne, 1999
POUSSIN Gérard et MARTIN-LEBRUN Elisabeth, "Les enfants du divorce. Psychologie de la séparation parentale", Paris Dunod 1997, p159-160


Le Docteur Nathalie PRIETO, dans sa thèse de médecine confirme le caractère bénéfique de la résidence alternée.

" Dans la grande majorité, les parents ne retiennent pas de troubles spécifiques, attribués à la résidence alternée. "

" Tous les enfants, sans exception, sont confrontés à l'insupportable dilemme et exprime leur volonté de ne pas choisir un parent plutôt que l'autre. En cela, les commentaires, justifiant la résidence alternée sont révélateurs. "

PRIETO Nathalie "La résidence alternée comme modalité d'exercice de l'autorité parentale lors du divorce. Approche médico-légale, thèse Lyon-I, octobre 1993 p 122, p126


DE SINGLY et DECUP-PANNIER montrent comment les enfants se construisent un territoire cohérent et uni sur leurs deux chambres, surmontant la difficulté supposée - mais infirmée par la pratique - de perte identitaire.

" Cette possibilité de bénéficier de deux domiciles, risque-t-elle pour autant de perturber les jeunes enfants et leur construction identitaire ? […] Les craintes étaient donc largement infondées, même si elles s'établissaient sur un constat renouvelé, celui de la nécessaire unité psychique de l'enfant, dont on constate là encore qu'elle dépend moins de la réalité matérielle que de la réalité psychique."

NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001, p105-106
DE SINGLY François avec DECUP-PANNIER Benoîte Avoir une chambre chez chacun de ses parents séparés, p219 à 236 in Libres ensembles, Paris Nathan, 2000


Denyse Côté, a interviewé 12 couples (15 enfants) québécois alternant.

" On peut certainement avancer que les cas de garde physique partagée que nous avons étudiés ne correspondent pas au modèle d'instabilité décrit par ses détracteurs, ni au modèle de l'entente parfaite décrit par ses partisans.[…]. [Les enfants] se sentent entourés et trouvent des avantages à avoir deux maisons … et deux parents qui participent activement à leur bien-être. "

Côté Denyse, La garde partagée L'équité en question, éditions du remue-ménage, Montréal, 2000, p105


WALLERSTEIN, aux Etats-Unis :

" Mes travaux montrent de manière cohérente que de bonnes relations père-enfant peuvent être d'une importance critique pour le bien-être psychologique et l'estime de soi des enfants du divorce.[…] La garde conjointe est conçue pour maintenir les pères dans leur rôle crucial d'éducation. "

WALLERSTEIN Judith S., BLAKESLEE Sandra, Second chances: men women and children a decade after divorce, Bantam London ; 1989, p274


Susan STEINMAN a suivi pendant plusieurs années l'expérience psychologique de 32 enfants vivant en garde alternée.

" Ces enfants pouvaient remarquablement différencier leurs deux domiciles. Ils étaient capables de garder séparés dans leur esprit chaque domicile, et leurs relations avec chaque parent., et ne ressentaient pas de confusion d'un parent avec l'autre. "

" La plupart des enfants étudiés étaient capables de maintenir des emplois du temps complexes. Leur clarté à propos de leur emploi du temps et du lieu de leurs résidences étaient impressionnante. "

STEINMANN Susan, "The experience of children in a joint custody arrangement, a report of a study" American journal of orthopsychiatry, 51 (3); 1981, p408-409, p 410

LUEPNITZ a étudié 91 enfants en situation de garde maternelle, paternelle et alternée. Il ressort de ses comparaisons que : " L'adaptation des enfants (mesurée par le test de Piers-Harris) était indépendant du mode de garde. L'adaptation des enfants (mesurée par l'estimation que font les parents de l'estime de soi des enfants, les problèmes psychosomatiques et de comportement) était indépendant du mode de garde. Le " climat émotionnel " de la famille était indépendant du mode de garde. "

" Il apparaît que les enfants de cette étude qui vivaient la garde alternée (" joint physical custody ") avaient conservé deux parents psychologiques dans leur vie. Alors que la moitié des enfants en garde unique ne voyait jamais l'autre parent, tous les enfants en garde alternée avaient des contacts réguliers avec les deux parents. "


LUEPNITZ Deborah Anne "A comparison of maternal and paternal and joint custody : understanding the varieties of post-divorce family life" Journal of divorce vol 9 (3), USA 1986, p 4

 

 

Les nourrissons bénéficient aussi de la résidence alternée.


Résumé :

 

 

L'observation de nourrissons dans des cas réels de résidence alternée ne montre aucune contre-indication.

NEYRAND
Les opinions - pas les connaissances - sont diverses et contradictoires : Elles sont aussi bien " Je pense que la résidence alternée ne peut se faire que si les enfants sont tout petits " que l'ancien " pas avant 12 ans ".

NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001, p106


Françoise DOLTO félicite des parents qui pratiquent la résidence alternée depuis que les enfants ont moins d'un an et 4 ans.

" nos deux enfants - actuellement sept ans et trois ans et demi - […] Après trois années, les enfants n'ont pas l'air plus anormaux que les autres. "
" Ce monsieur a réussi quelque chose dont je le félicite. […] L'important, c'est que l'enfant sente que les deux parents sont d'accord pour qu'il vive au mieux des rythmes de sa propre vie,…. "

DOLTO Françoise; Lorsque l'enfant paraît, tome 1 Points éditions du Seuil Paris 1977

Si Mme DOLTO se déclarait défavorable à la résidence alternée c'était dans le cas ou cela impose deux écoles à l'enfant.

" Qu'ils puissent se rendre aussi souvent qu'ils le veulent chez l'autre parent, quand c'est possible, j'en suis d'accord, mais qu'ils n'aient pas à changer d'école du fait d'une réglementation de garde alternée. "

DOLTO Françoise, Quand les parents se séparent, Paris Seuil 1988, p70


Denyse Côté ne note aucun trouble ou perturbation chez les enfants alternants alors que, dans son étude, presque la moitié des enfants alternent depuis un âge inférieur à 2 ans :
Stéphane, 4 ½ ans, en garde alternée depuis l'âge de 1 an.
Charles, 2 ½ ans, en garde alternée depuis l'âge de 1 ½ an.
Adam, 3 ans, en garde alternée depuis l'âge de 1 ½ ans
Eve, 3 ½ ans, en garde alternée depuis l'âge de 1 ½ an et Mathieu, 5 ans, en garde alternée depuis l'âge de 2 ans.
Laure, 7 ans, en garde alternée depuis l'âge de 1 ½ an.
Pélagie, 4 ans, en garde alternée depuis l'âge de 2 ans
Pierre-Yves, 5 ans, en garde alternée depuis l'âge de 2 ½ an.
Dominique, 7 ans, en garde alternée depuis l'âge de 3 ans
Joël, 7 ans, en garde alternée depuis l'âge de 3 ans et Anouk, 8 ans, en garde alternée depuis l'âge de 4 ans
Alexis, 8 ans, en garde alternée depuis l'âge de 4 ans et Emilie, 10 ans, en garde alternée depuis l'âge de 6 ans
Etienne, 9 ½ ans, en garde alternée depuis l'âge de 4 ½ ans
Antoine, 10 ans, en garde alternée depuis l'âge de 5 ½ ans

Côté Denyse, La garde partagée L'équité en question, éditions du remue-ménage, Montréal, 2000, p 178 à 202


PRIETO
Parmi les enfants observés par Dr PRIETO, figure Mathieu, 5 ans en résidence alternée depuis l'âge de 2 ans. Il apparaît parfaitement équilibré.

PRIETO N. "La résidence alternée comme modalité d'exercice de l'autorité parentale lors du divorce. Approche médico-légale, thèse Lyon-I, octobre 1993, p.88, p105 à 107


WALLERSTEIN et BLAKESLEE:
Ces deux chercheurs américains ont même découvert que la période de un à deux ans était plus favorable à l'alternance que les âges plus avancés :

" Nous avons été surpris d'observer que les enfants entrant en " nursury school " et en " kindergarten " (âgés de trois, quatre et cinq ans) montraient plus de comportements perturbés que les enfants de un à deux ans."

WALLERSTEIN Judith S., BLAKESLEE Sandra, Second chances: men women and children a decade after divorce, Bantam London ; 1989, p284

 

 

La résidence alternée fonctionne même sans entente entre les parents


Résumé :

 

 

L'entente entre les parents n'est pas une condition nécessaire aux bienfaits sur les enfants. De nombreux cas sont observés ou, tout en hébergeant chacun l'enfant à parité, les parents sont en désaccord ou en conflit.

NEYRAND

" Il faut donc insister sur cette idée qui va à l'encontre des idées reçues : la séparation en douceur n'est pas une condition à la mise en place d'une résidence alternée. Près des deux tiers des couples qui la pratiquent se sont séparés en conflit. "

" Un accord minimum au sujet des enfants et une stabilité de résidence peuvent suffire à la pérennisation de l'alternance. "

" un certain nombre de couples pratiquent l'alternance, alors qu'ils ont des rapports inexistants, voire conflictuels. […] Ainsi, une communication réduite et limitée à l'éducation des enfants peut suffire pour que fonctionne une résidence alternée. "

NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001, p87, p 94, p116

Côté
Pour certains des couples parentaux étudiés par Denyse Côté, " le rapport coparental est désagréable ", " les deux parents notent un manque de communication ", " la communication entre les deux parents semble difficile ". Cela n'empêche pas les enfants d'être élevés et éduqués de manière satisfaisante par leurs deux parents.

Côté Denyse, La garde partagée L'équité en question, éditions du remue-ménage, Montréal, 2000, p 178 à 202


Edwige ANTIER
L'avis du pédiatre est que : " Ce mode de résidence, le partage égal du temps passé chez la mère et chez le père, oblige ceux-ci à trouver un nouveau mode de rapports moins conflictuels. "

ANTIER Edwige, L'éloge des mères, Robert Laffont, 2001, p188

" L'intensité prévisible des conflits, si l'un ou l'autre des parents avait eu l'hébergement principal, aurait été fortement plus pathogène pour eux [les enfants]. "
p158 .

 

 

Les enfant bénéficiant de la présence continue de leur père ont un meilleur développement


Résumé :

 

 

Les études comparatives montrent un retard de développement chez les enfants de moins de deux ans élevés uniquement par leur mère par rapport aux enfants élevés par leurs deux parents. Le handicap est encore plus accentué pour les garçons de mère seule.

LAMB "Les enfants des pères hautement engagés sont caractérisés par une compétence cognitive accrue, une meilleure empathie, une moins grande rigidité dans le rôle sexué et un contrôle plus internalisé"

LAMB Michael E. et al ; The changing role of father ; in The father's role : applied perspectives,; New-York Willey 1986 p17
LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, 193


BOURCOIS, dans sa thèse de doctorat, étudie le comportement d'enfant de 3 ans. Elle démontre que les enfants dont le père est précocement engagé (c'est à dire dont le père paterne son enfant depuis le début) sont moins anxieux, moins dépendant que les enfants dont le père s'occupe peu. Parmi les pères paternant, les plus efficaces en terme d'ouverture et d'indépendance des enfants sont les pères qui sont nettement différenciés des mères.

BOURCOIS V. L'influence du mode d'engagement du père sur le développement affectif et social du jeune enfant, Thèse de doctorat, Université Toulouse Mirail 1993LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p196-197


L'équipe de chercheurs dirigée par LE CAMUS étudie en 1987 des enfants de 17 à 21 mois et de 25 à 29 mois. Elle compare les enfants "monoparentés" (i.e. élevés uniquement ou surtout par la mère) aux enfants "biparentés" (élevés autant par le père que par la mère)
"Les enfants monoparentés peuvent être caractérisés par une tendance à l'immobilité, à un pattern d'attachement de nature archaïque (regarder, sourire, se rapprocher, offrir) et un pattern de sociabilité horizontale peu élaboré (regarder, sourire, imiter, partager une activité de jeu). Les enfants biparentés manifestent une tendance à la mobilité, à un pattern d'attachement plus mature (demander une intervention, partager une activité) et un pattern de sociabilité assez élaboré (refuser de donner un objet, porter une attaque agressive mais aussi prendre par la main ou par le cou, attendre son tour de jeu,…)."

LE CAMUS J., de LEONARDIS M. , LESCAREET O., Effets de la transformation des rôles parentaux sur la construction de la personnalité de l'enfant, La psychiatrie de l'enfant, XXXII,1 p31-54, 1989
LE CAMUS Jean , pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris, 1998, p194-195


J. LE CAMUS :
" le jeune enfant doit être tiré hors de la symbiose originelle, il doit être "séparé" de sa mère. Le maintien prolongé d'un état de fusion s'avère préjudiciable et peut conduire l'enfant à la psychose. C'est un fait acquis."

LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p169

"Voilà déjà vingt ans que certaines études ont prouvé que les garçons qui avaient bénéficié de contacts fréquents avec leur père se montraient dés l'âge de 6 mois plus sécurisés en présence d'une personne étrangère, plus performants sur le plan de la vocalisation et du contrôle oculo-manuel que les bébés qui avaient été privés de la présence continue de leur père. "

"De la même facon, on s'est demandé quel pouvait être l'impact de l'investissement du père sur le développement cognitif du bébé. […] Là aussi, les résultats permettaient d'accréditer l'idée d'une influence favorable de l'engagement précoce du père."

LE CAMUS Jean, Le vrai rôle du père, édition Odile Jacob, 2000 p96


BILLER :"Les garçons qui ont souffert de l'absence du père au cours des deux premières années de leur vie sont plus handicapés, en regard de plusieurs dimensions du développement de leur personnalité, que les garçons qui ont été privés de leur père à un âge plus avancé. Par exemple, les garçons à qui leur père a manqué alors qu'ils étaient âgés de moins de deux ans se sont révélés moins confiants et moins industrieux; leurs sentiments d'infériorité étaient plus grands que chez les garçons à qui les pères avaient manqué entre les âges de trois à cinq ans."

BILLER Henry B. ; Fatherhood: implications for child and adult development, in Handbook of developmental psychology, Benjamen B. WOLMAN, Prentice Hall Englewood Cliffs NJ p711-714 1982, p706
CORNEAU Guy , père manquant fils manqué , Editions de l'Homme, 1989 p27
NEYRAND Gérard ; L'enfant, la mère et la question du père, un bilan critique de l'évolution des savoirs sur la petite enfance; Paris PUF 2000, p232

PEDERSEN et ses collaborateurs ont comparé (1979) le développement cognitif des bébés de 5 à 6 mois élevés par des familles bi-parentales et élevés par des mères seules.
Basés sur des mesures objectives (indice de développement mental de BAYLEY, test de MANN-WHITNEY, test de corrélation, …) et sur des méthodes statistiques éprouvées, leurs tests montrent, chez les garçons, des écarts significatifs de développement en fonction de la présence ou de l'absence du père. Alors qu'ils n'observent aucune différence notable chez les filles, ils relèvent un sous développement des garçons de mère seule : 15 des 16 variables mesurant le développement des garçons étaient supérieures chez les enfants avec père. Ils en concluent que la présence du père exerce une influence significative sur le développement des enfants de sexe masculin dés les premiers six mois de la vie.

PEDERSEN F. A. et al., "Infant development in father absent families", Journal of Genetic Psychology, 1979, n° 135, p51-61.LE CAMUS Jean "pères et bébés", éditions L'Harmattan Paris 1998 p184-185


LEVY-SHIFF de l'Université de Tel Aviv, en 1982, étudie 179 enfants âgés entre 2 ans 6 mois et 2 ans 10 mois. Parmi eux, 40 ont perdu leur père avant la naissance pendant le guerre du Yom-Kippur. L'analyse statistique neutralise les éventuels facteurs socio-économique, culturel, ethnique, … pour mettre en évidence l'influence du père. Le résultat est éloquent. Les enfants avec père sont émotionnellement moins dépendants, sont moins anxieux, moins perturbés. Si les filles s'en sortent mieux que les garçons, ces derniers sont particulièrement handicapés par l'absence de leur père. Les garçons élevés par leur mère et leur père sont plus indépendants sur le plan instrumental, plus autonomes, s'adaptent plus facilement sur le plan émotionnel, cognitif et social.

LEVY-SHIFF The effects of father absence on young children in mother-headed families, Child development p1400-1405 53, 1982LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris , p187-188 , 1998

DESSALES de l'Université de Toulouse, en 1992, observe des petites filles de 3 ans et comparent les filles de mère célibataire aux autres filles. Les filles avec père ont plus de rapports avec les autres enfants. Dans une classe maternelle dirigée par un instituteur homme, les filles sans père recherchent plus que les autres le contact avec cet instituteur. "Tout ce passe comme si elles recherchaient davantage la présence masculine incarnée par l'instituteur, comme si dans leur conduite quotidienne s'exprimait une "quête du père"."

LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris, p186-187, 1998



POUSSIN et SAYN :
" POUSSIN et SAYN ont récemment fait le point des connaissances relatives aux conséquences entraînées par les situations de monoparentalité féminine : leur étude apporte la preuve statistique et clinique de la survenue fréquente de difficultés d'ordre psycho-pathologique chez les enfants d'âge scolaire et les adolescents. "

POUSSIN G. et SAYN I., Un seul parent dans la famille, Paris, Le Centurion 1990
POUSSIN G. psychologie de la fonction parentale, Toulouse, Privat, 1993
LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p189

 

 

La présence du père est nécessaire au développement de l'identification sexuelle du nourrisson garçon.


 

Résumé :

 

 

Chez le garçon, l'absence du père et l'intimité prolongée avec la mère pendant sa deuxième année induit un danger de perturbation irréversible de l'identification au genre masculin. Le risque est encore accentué si la mère est séparée et n'a plus de relation de couple.

ROIPHE et GALENCON :
"Soulignant l'influence décisive des attitudes éducatives précoces sur la perturbation psychologique qu'il trouve dans son petit groupe de garçons, STOLLER a décrit les débuts de leur identification féminine au cours de leur phase préphallique ou préœdipienne. " (Note : Soit avant 3 ans)
"Une autre étude sur la sexualité précoce a été menée par MONEY et EHRHARDT (1972) qui se sont intéressés aux sujets présentant des déviations génétiques et hormonales. Leurs résultats portent à croire que c'est le sexe dans lequel l'enfant est élevé au cours de ses deux premières années de la vie qui joue le rôle principale dans l'établissement de l'identité sexuelle"
"En résumé, les deux études les plus approfondies […] ont toutes deux situé à la deuxième moitié de la deuxième année la période critique de l'établissement de l'identité de genre."

"L'importance de la disponibilité et du soutien paternels dans le développement de l'identité sexuelle mâle au cours de la 2ème partie de la 2 ème année ne saurait être assez soulignée. Nous pensons qu'il s'agit d'un facteur capital pour la confirmation au garçon de sa propre image du corps phallique et la reconnaissance définitive de l'absence de pénis chez sa mère."

"C'est entre autres par l'étude de garçons très féminisés (dés la fin de la deuxième année) ou dans l'histoire de certains transsexuels, que l'on perçoit à quel point l'empreinte laissée par une identification précoce exclusive à la mère peut inhiber le développement d'une identification masculine bien assurée. Une des tâches psychologiques majeures du garçon consiste à effectuer une transmission progressive - à partir de cette prédominance féminine - vers une identification à prédominance masculine"

ROIPHE, GALENCON; La naissance de l'identité sexuelle ; Paris PUF 1987, p 245 à 247, p249, p53-55


STOLLER :
" Le noyau de l'identité de genre (masculin ou féminin) est conçu comme se développant avant la phase œdipienne. En effet, une fois passée la phase de protoféminité où l'enfant des deux sexes est fusionné à la mère, l'identification sexuée prend deux chemin différents
- Le garçon ne doit pas être maintenu dans une symbiose excessive et il a besoin de la présence d'un père fort et masculin qui encourage le moment venu la séparation d'avec le corps et la psyché de la mère et le développement des attributs masculins.
- - la fille …"

STOLLER Masculin ou féminin? Paris PUF 1989
LE CAMUS Jean , pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p164


LE CAMUS
"On a souligné avec raison que pour se développer harmonieusement, l'enfant avait besoin de disposer d'un référent, d'un modèle identificatoire de son propre sexe : il y a là, me semble-t-il, un principe irrécusable. Cependant, il est probable qu'on a fait commencer beaucoup trop tard le processus d'identification au parent du même sexe. On sait aujourd'hui que le sentiment d'appartenir à un sexe parvient à éclore au cours de la seconde année de la vie."

LE CAMUS Jean, pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p169


Colette CHILAND, psychiatre, professeur de psychologie clinique :
"on a appris … que le sentiment d'appartenance à un sexe est constitué à l'âge de 18 mois… avant la connaissance intellectuelle de la différence des sexes."

CHILAND 1982 Le paternage actes du colloque "les pères aujourd'hui", INED 1982, p 150 (p151)

"Les garçons qui ont des troubles de l'identité sexuée ont une image de la masculinité "repoussoir" par son lien avec la violence; c'est leur image, mais elle s'est construite à la faveur d'un père physiquement ou psychologiquement absent, … "

CHILAND Colette , le père et l'identité sexuée, in pères et paternité Hors Série de la Revue Française des Affaires Sociales p 69-71 novembre 1988


G. CORNEAU, psychanalyste:
"Chez tous les fils sans père, on retrouve systématiquement une déficience sur le plan social, sexuel, moral ou cognitif."

"Les psychologues ont cru jusqu'ici que le rôle du père débutait à la troisième ou à la quatrième année de l'enfant, quand celui-ci pouvait parler. Les psychanalystes sont parfois allés jusqu'à interpréter comme une frustration bénéfique et nécessaire la semi-présence du père dans la famille. Or les trente dernières années de recherches en psychologie du développement ont réservé bien des surprises à leurs auteurs. Aux Etats-Unis et en Norvège, plusieurs études, conduites auprès de populations de garçons qui présentaient des problèmes, ont abouti à des conclusions similaires, qui bouleversent bien des croyances: c'est au cours des deux premières années de leur existence que les garçons ont absolument besoin du père."

"Je parlais plus haut de la difficulté de ce transfert d'identification qui va, pour le fils, de la mère au père; assurément, ce passage ne serait pas si périlleux et se ferait tout naturellement si les pères étaient présents auprès de l'enfant, dés le début."

CORNEAU Guy , père manquant fils manqué , Editions de l'Homme, 1989 p26, p32


Christiane OLIVIER écrit qu'il faut permettre "à l'enfant de trouver, dés son arrivée au monde, un référent de même sexe et un complément de sexe opposé : l'un servant de support à l'identification, l'autre assurant l'Œdipe et l'identité".

"Le problème pour l'enfant mâle ne sera pas de constituer l'Œdipe, ni d'y entrer, puisqu'il s'y trouve d'emblée, de par sa naissance aux mains d'une femme. Il y tombe, la tête la première, le plus dur sera pour lui d'en émerger, de sortir de cette "fatale" conjonction des sexes, tout en sauvegardant son intégrité."
"Sortie [de l'Œdipe] parfois impossible qui conduira ce petit garçon et sa mère chez le psychothérapeute."

"Les difficultés seront alors du côté du garçon qui devra se défendre là du fantasme maternel de complétude pour acquérir son indépendance, indépendance que la mère elle-même ne souhaite qu'a demi. La femme a inconsciemment du mal à renoncer au seul mâle qu'elle ait jamais eu avec elle: son père lui ayant fait défaut et son mari étant le plus souvent absent. […] Maintenant la toute-puissante Mère vit seule avec son fils qui comble toutes ses attentes d'autrefois : il la venge de son père absent, de son mari parti. L'enfant, lui, est présent, il paiera donc pour eux ; que voulez-vous, il faut bien prendre l'homme où il se trouve, et tant pis si c'est au berceau!"

OLIVIER Christiane , Les enfants de Jocaste , Denoël 1980 p60-63

"Bien qu'on ne parle guère de l'Œdipe que chez l'enfant de trois ans - parce que c'est en effet seulement à ce moment-là qu'on en voit les manifestations évidentes telles que l'idée d'épouser son parent œdipien - l'Œdipe a commencé dés les premiers jours avec le parent de sexe opposé et l'inconscient de celui-ci."

OLIVIER Christiane, les filles d'Eve , Denoël 1990, p12

T. BRAZELTON, pédiatre et B. CRAMER, professeur de psychiatrie infantile :
"L'ensemble de ces données indique le rôle crucial, dés la naissance, du père dans le développement progressif de l'identité du garçon. […]
Premièrement, il établira un attachement réciproque, étayant la construction d'images mentales d'un non-mère, introduisant l'enfant dans le monde des différences (notamment des différences sexuelles) et dans l'univers social. Ce faisant, il s'offre comme objet d'identification alternatif, de qui protège le garçon contre l'exclusivité du lien symbiotique mère/enfant, et relativise la permanence de l'empreinte de l'identification féminine.[…]
Deuxièmement, le père introduit un principe - auquel on donne parfois le nom de "fonction paternelle" - qui régit l'organisation des relations triangulaires : le père doit être psychiquement présent comme cet autre qui polarise les intérêts du bébé vers l'extérieur, préfigurant la triangulation œdipienne. C'est en effet lors de la résolution du complexe d'Œdipe que le petit homme aura posé les bases de ce qui deviendra son identité masculine, le protégeant contre la persistante tentation de régresser vers des identifications précoces à l'image maternelle."

Ou, en résumé :

"C'est par ce rôle d'objet alternatif d'investissement que les pères vont offrir au bébé une première cible d'identification avec le non-mère, ce qui posera les premiers jalons menant à un complexe d'Œdipe équilibré et à une identification masculine."

"Si le père ne parvient pas à soutenir la mère dans la resexualisation de la vie de couple au cours du post-partnum, cette dernière risque de s'enferrer dans une relation d'intimité exagérée avec le bébé garçon, qui devient un amant de substitution."

BRAZELTON T. B et CRAMER B, Les premiers liens, Paris Stock 1990 p53 - 56

 

 

Les hommes sont aussi compétents et efficaces que les femmes.


 

Résumé :

 

 

L'observation scientifique ne montre aucune infériorité ou supériorité intrinsèque de l'homme sur la femme pour élever des jeunes enfants. La place prépondérante accordée à la mère en occident au XIX ème et XX ème siècle n'a aucun fondement scientifique. Elle semble être purement idéologique et culturelle, liée au partage social des rôles entre hommes et femmes.

Dr Michael LAMB
"A l'exception de l'allaitement, il n'y a pas de preuve que les femmes soient biologiquement prédisposées à être de meilleurs parents que les hommes. Les conventions sociales, et non les impératifs biologiques, fondent la division traditionnelle des responsabilités parentales."

LAMB Michael E; The development of Father-Infant Relationship; in The role of the fathers in Child development; 3e edition, John Wisley New York 1996, p120

"Les pères et les mères semblent influencer leurs enfants selon des voies plus similaires que différentes. Contrairement à ce qu'attendaient beaucoup de psychologues, y compris moi-même, qui ont étudié les influences paternelles sur les enfants, les différences entre mères et pères apparaissent bien moins importantes que les ressemblances.

Non seulement la description du maternage ressemble à la description du paternage (particulièrement la version des pères impliqués qui a pris de l'importance à la fin du 20ème siècle) mais les mécanismes et les moyens par lesquels les pères influencent leurs enfants apparaissent similaires à ceux qui servent aux influences maternelles sur les enfants. Autrement dit, les études de socialisation ont trouvé de manière cohérente que la chaleur, le soin alimentaire et la proximité sont associés à des conséquences positives sur l'enfant, que le parent ou adulte impliqué soit une mère ou un père. Les dimensions importantes de l'influence parentale sont celles qui ont rapport avec les caractéristiques parentale plutôt que celles liées au sexe du parent."

LAMB Michael E; Fathers and Child development; an introductory overview and guide ; in The role of the fathers in Child development; 3e edition, John Wisley New York 1996 p14


Claude SAINT-MARC, maître de conférence en psychologie génétique et psychologie de l'enfant à l'Université Paris X :
"La ressemblance entre les comportements maternel et paternel à l'égard du bébé établit l'égalité des compétences interactives de la mère et du père."

SAINT-MARC Claude, la compétence relationnelle du père, revue Française des Affaires Sociales colloque DPM-DAS hors série, p61-67, 1988 p62


Elisabeth FIZAV-DEPURSINGE
"Et pourquoi pas le père? Aussi curieux que cela puisse paraître, ce sujet a été laissé de coté aussi bien par la clinique que par la recherche, probablement à cause de la prégnance du modèle dyadique et des problèmes méthodologiques que pose l'étude des interactions multilatérales."

"Le simple fait d'observer le bébé dans un contexte à trois modifie radicalement notre vision de son développement affectif."

FIVAZ-DEPEURSINGE Elisabeth, Le bébé et ses parents communient à trois dés la première année de vie ; devenir père devenir mère, M Dugnat éd Romonville St Agne p 65,72, 1999 ; p66, p71


Elisabeth BADINTER
"De nombreuses études sur la relation père/nourrisson, observée au cours des six premier mois, sont formelles: les pères maternent aussi bien que les mères, et presque comme les mères."

" A ce jour, les instances dirigeantes des sociétés occidentales n'ont pas encore intégré qu'une femme vaut un homme et moins encore qu'un père vaut une mère "

Elisabeth BADINTER ; XY, de l'identité masculine ; Paris Odile Jacob 1992, Le Livre de Poche p260, p265


Geneviève DELAISI DE PARSEVAL est à la fois psychanalyste et ethnologue. Elle montre dans son ouvrage "La part du père" "à quel point les idées reçues dans ce domaine constituent un écran idéologique qui se superpose à la réalité physiologique" : Ses comparaisons ethnologiques établissent combien divergent selon les sociétés "les utilisations de la division sexuelle" : "La différence et les avantages supposés d'un sexe par rapport à l'autre dans quelque sens qu'ils se manifestent, sont construits, fruits de facteurs idéologiques et culturels."

"Les liens sont forts tout au long de la vie de l'enfant chez les pères qui s'en sont occupé tout bébé, et pas simplement en lui donnant un bain en rentrant du travail. […] Or [le père] est tout aussi important et compétent que la mère auprès du bébé : toutes les études récentes le démontrent".

" L'interaction entre père et enfant se fait, à travers les processus d'introjection et d'identification, exactement de la même façon qu'entre mère et enfant. ".

"C'est la théorie occidentale qui a fait de la grossesse et de l'accouchement des moments essentiels et "indélébiles" dans la relation mère-enfant."

DELAISI DE PARSEVAL G ; La part du père , Paris Seuil 1981 , p286, p296


Christiane OLIVIER
"Baignés dans la culture qui imposait (et qui le prescrit encore largement) la mère au foyer et le père à l'extérieur, psychologues, sociologues, éthologistes considéraient comme allant de soi que les hommes n'avaient quasiment rien à faire dans le développement et l'éducation des jeunes enfants et que leur intervention ne pouvait s'envisager qu'à "l'âge de raison". Ce n'est que progressivement et récemment que les chercheurs se sont posé pour le père les questions que leurs aînés avaient exploré pour la mère."

OLIVIER Christiane, Les fils d'Oreste , Flamarion 1994, p104


Jean LE CAMUS
" la définition freudienne des fonctions parentales valait pour une famille ou la répartition des tâches et des contributions liées au sexe était stricte et quasiment sacralisée : au sein de la bourgeoisie viennoise de la fin du XIX ème siècle, il n'était pas possible d'échapper à la double équation " mère = nature = amour = vie à l'intérieur du foyer " et " père = culture = loi = travail à l'extérieur ".

" On peut, semble-t-il, soutenir avec fermeté que les conditions économiques, sociales et culturelles des trois premiers quarts du XX ème siècle ont orienté la psychologie occidentale, la psychologie de l'enfant jeune tout au moins, vers la seule prise en compte de la présence de la mère "

LE CAMUS Jean , pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998, p165, p205


Gérard NEYRAND, sociologue
"Si dans certains milieux, ou certaines situations, le père est quasi absent de l'espace de la prime enfance, rappelons-nous que cela fut le cas de beaucoup de mères à certaines époques ou que cela peut l'être plus ou moins dans certaines situations, ou certains modes d'éducation comme les kiboutz…La socialisation de l'enfant ne s'effectue donc pas forcément par cercles concentriques : la mère, puis le père, puis l'entourage, puis la collectivité, et la volonté d'en faire une norme absolue, qu'on trouve par exemple chez D. W. Winnicott, ne manque pas d'interroger sur la signification d'une telle position."

NEYRAND Gérard ; L'enfant, la mère et la question du père, un bilan critique de l'évolution des savoirs sur la petite enfance; Paris PUF 2000, p212

"On peut d'ailleurs se demander si cette façon de voir les choses [i.e. de condamner la résidence alternée] n'était pas simplement la conséquence directe de l'assignation, autrefois non questionnée, de la mère à l'enfant. L'image de la dyade fusionnelle mère-enfant s'y trouve projetée sur la gestion de l'espace après séparation des parents."

NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001, p 106


Françoise HURSTEL, psychanalyste:
" Ainsi, la théorisation d'une fonction paternelle efficiente pour les sujets est une nécessité historique liée à l'évolution de la paternité et à la réduction du pouvoir du père au cours du XIXe et XXe siècle. Et contrairement à ce qu'avancent encore trop de psychanalystes - qui semblent détenir "la vérité de la paternité", théorie de Lacan à l'appui - cette théorie ne surplombe pas le cours du temps. Elle n'est pas une vérité révélée, mais plutôt un "symptôme" d'un changement social, culturel du père, et par là, elle s'enracine dans le procès historique de sa propre production. "

HURSTEL Françoise; la fonction paternelle aujourd'hui en France : questions d'actualité et problèmes de théorie; Strasbourg I Thèse d'Etat; 1991, p208
NEYRAND Gérard ; L'enfant, la mère et la question du père, un bilan critique de l'évolution des savoirs sur la petite enfance; Paris PUF 2000, p234


Mylène HUBIN-GAYLE
" Cet instinct maternel est évoqué depuis que l'on a commencé à vouloir rapprocher les mères de leur bébé. "

HUBIN-GAYLE Mylène, Les bébés, collection idées reçues, p25

 

 

Auteurs cités


 

1. ALTIS Ruth USA

2. ANTIER Edwige, pédiatre, diplômée en psychopathologie de l'enfant

3. BADINTER Elisabeth, philosophe, écrivain

4. BILLER Henry B.

5. BLAKESLEE Sandra, USA

6. BOURCOIS V. Docteur de l'Université de Toulouse

7. BOWLBY John, pionnier de la relation mère-enfant

8. BRAZELTON T. Berry pédiatre de renommée internationale, spécialiste du développement de l'enfant

9. CHILAND Colette psychiatre, professeur de psychologie clinique

10. CLARKE S.C, Centre pour le Contrôle et la prévention des maladies/Centre National pour les statistiques sanitaires, USA

11. CORNEAU Guy psychanalyste, ancien élève de l'institut Jung

12. Côté Denyse, sociologue, professeur en travail social à l'Université du Québec

13. CRAMER Bertrand professeur de psychiatrie infantile à l'Université de Genève, pionnier dans le domaine de la psychothérapie mère-enfant

14. DECUP-PANNIER Benoîte

15. DELAISI DE PARSEVAL Geneviève psychanalyste et ethnologue

16. DE SINGLY François sociologue

17. DE LEONARDIS M. Université de Toulouse

18. DESSALES Université de Toulouse

19. DOLTO Françoise, psychanalyste

20. ERNST Theodore USA

21. FABRE L , psychologue clinicienne

22. FIVAZ-DEPEURSINGE Elisabeth

23. GALENCON

24. GUIDUBALDI John, Université John Carroll de Cleveland et Université du Kent, USA

25. HUBIN-GAYLE Mylène

26. HURSTEL Françoise docteur d'état, psychanalyste

27. KELLY Joan B , USA

28. KOTELCHUK

29. KROMELOW S.

30. KUHN Richard, conseil des droits de l'enfant, Washington, USA

31. LAMB Michael E, spécialiste reconnu à l'échelle mondiale. Il dirige la section du développement émotionnel et social de l'Institut National de la Santé Infantile et du Développement Humain (Maryland USA), a été professeur de psychologie, pédiatrie et psychiatrie à l'Université de l'Utah, est fondateur et coéditeur de la série Advances in Devlopmental Psychology, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, membre de la Société Américaine de Psychologie, docteur honoraire de l'Université de Göteborg (Suède).

32. LE CAMUS Jean, docteur d'état en psychologie, professeur de psychologie, responsable de l'équipe de recherche sur la psychologie du jeune enfant à l'Université de Toulouse

33. LESCAREET O, Université de Toulouse

34. LEVY-SHIFF, Université de Tel Aviv

35. LUEPNITZ Deborah Anne, PhD, psychologue clinicienne, clinique de conseil et guide de l'enfant de Philadelphie, USA

36. MAIN Mary, Université de Californie, Berkeley

37. MARTIN-LEBRUN Elisabeth, pédiatre

38. NEYRAND Gérard, sociologue, formé à la psychologie, directeur du Centre Interdisciplinaire Méditerranéen d'Etude et de Recherche en Sciences Sociales, travaille sur les effets des mutations sociales sur la famille et les rapports entre les sexes.

39. OLIVIER Christiane, licenciée en psychologie, élève de J. Piaget et D. Anzieux, psychanalyste, clinicienne, a été chargée de cours à la faculté d'Aix, auteur de plusieurs ouvrages sur la psychologie de l'enfant,

40. PEDERSEN Frank A. National Institute of Child Health and Human Development, USA

41. POUSSIN Gérard docteur es psychologie, docteur d'état es lettres et sciences humaines, professeur de psychologie clinique à l'Université de Grenoble, président du lieu de rencontre " Passerelle " à Grenoble.

42. PRIETO Nathalie médecin, Université Lyon I

43. ROIPHE

44. SAYN I.

45. SAINT-MARC Claude, maître de conférence en psychologie génétique et psychologie de l'enfant à l'Université Paris X :

46. STEINMANN Susan, directeur, Projet d'Etude de la Garde Alternée, services juifs de la famille et des enfants, San Francisco, USA

47. STOLLER

48. WALLERSTEIN Judith S, PhD, Fondatrice du Centre pour la famille en transition USA,

49. WESTON Donna Université de Californie, Berkeley

 

 

Ouvrages de référence


1. ANTIER Edwige, L'éloge des mères, Robert Laffont, 2001

2. BADINTER Elisabeth ; XY, de l'identité masculine ; Paris, Odile Jacob 1992, et Le Livre de Poche

3. BILLER Henry B. ; Fatherhood: implications for child and adult development, in Handbook of developmental psychology, Benjamen B. WOLMAN, Prentice Hall Englewood Cliffs NJ p711-714 1982

4. BOURCOIS V. L'influence du mode d'engagement du père sur le développement affectif et social du jeune enfant, Thès de doctorat, Université Toulouse Mirail 1993

5. BOWLBY J. ;Attachement et perte, volume 1 : L'attachement ; Paris P.U.F. 1978 (1ère édition 1969)

6. BRAZELTON T. B et CRAMER B, Les premiers liens, Paris Stock 1990

7. CHILAND Colette, Le paternage actes du colloque "les pères aujourd'hui", INED 1982

8. CHILAND Colette , le père et l'identité sexuée, in pères et paternité Hors Série de la Revue Française des Affaires Sociales p 69-71 novembre 1988

9. CLARKE S.C., Advance report of Final Divorce Statistics, 1989 and 1990. Monthly Vital Statistics report, Centers for Disease Control and Prevention/National Center for Health Statistics, Vol. 43, N° 9, 1995

10. CORNEAU Guy , père manquant fils manqué , Editions de l'Homme, 1989

11. Côté Denyse, La garde partagée L'équité en question, éditions du remue-ménage, Montréal, 2000

12. DELAISI DE PARSEVAL G ; La part du père , Paris Seuil 1981

13. DE SINGLY François avec DECUP-PANNIER Benoîte Avoir une chambre chez chacun de ses parents séparés, p219 à 236 in Libres ensembles, Paris Nathan, 2000

14. DOLTO Françoise ; Lorsque l'enfant paraît, tome 1 Points éditions du Seuil Paris 1977

15. DOLTO Françoise, Quand les parents se séparent, Paris Seuil 1988

16. ERNST Theodore et ALTIS Ruth, "joint custody and co-parenting : not by law but by love", Child welfare vol LX, n° 10, USA 1981

17. FABRE L., un nouveau mode de garde : la garde alternée, Le journal des psychologues, N°28, juin 1995

18. FIVAZ-DEPEURSINGE Elisabeth, Le bébé et ses parents communient à trois dés la première année de vie ; devenir père devenir mère, M Dugnat éd Romonville St Agne p 65,72, 1999

19. HUBIN-GAYLE Mylène, Les bébés, collection idées reçues

20. HURSTEL Françoise; la fonction paternelle aujourd'hui en France : questions d'actualité et problèmes de théorie; Strasbourg I Thèse d'Etat; 1991

21. KROMELOW S. et al ; The role of the father in the development of stranger sociability during the second year Amer J. Orthopsychiat. P521-530 60, 1990

22. KUHN Richard et GUIDUBALDI John, Child custody policies and divorce rates, 11° conférence du Conseil annuelle du conseil des Droits de l'Enfant, 23-26 octobre 1997, Washington USA ; SOS PAPA Magazine n° 39, septembre 2000, p8

23. LAMB M. E. ; The development of mother infant and father infant attachments in the second year of life ; Developmental psychology, 13, 6 p637-648 1977

24. LAMB Michael E. et al ; The changing role of father ; in The father's role : applied perspectives,; New-York Willey 1986

25. LAMB Michael E; The development of Father-Infant Relationship; in The role of the fathers in Child development; 3e edition, John Wisley New York 1996

26. LAMB Michael E; Fathers and Child development; an introductory overview and guide ; in The role of the fathers in Child development; 3e edition, John Wisley New York 1996

27. LE CAMUS J., de LEONARDIS M. , LESCAREET O., Effets de la transformation des rôles parentaux sur la construction de la personnalité de l'enfant, La psychiatrie de l'enfant, XXXII,1 p31-54, 1989

28. LE CAMUS Jean , pères et bébés, éditions L'Harmattan Paris 1998

29. LE CAMUS Jean, Le vrai rôle du père, édition Odile Jacob, 2000

30. LEVY-SHIFF The effects of father absence on young children in mother-headed families, Child development p1400-1405 53, 1982

31. LUEPNITZ Deborah Anne "A comparison of maternal and paternal and joint custody : understanding the varieties of post-divorce family life" Journal of divorce vol 9 (3) p 1-12, USA 1986

32. MAIN M. , WESTON D. , "The quality of the toddler's relationship to mother and father : related to conflict behavior and the readiness to establish new relationships", Child development, 1981, 52, p.932-940

33. MARTIN-LEBRUN Elisabeth et POUSSIN Gérard, Conséquence de la séparation parentale chez l'enfant, Eres, Ramonville Ste Agne, 1999

34. NEYRAND Gérard, MEKBOUL Sahra "résidence alternée de l'enfant et exercice commun de l'autorité parentale chez les parents séparés" CIMERSS/CNAF et Fondation de France, 1993

35. NEYRAND Gérard ; L'enfant, la mère et la question du père, un bilan critique de l'évolution des savoirs sur la petite enfance; Paris PUF 2000

36. NEYRAND Gérard, L'enfant face à la séparation des parents. une solution, la résidence alternée, Paris SYROS 2001

37. OLIVIER Christiane , Les enfants de Jocaste , Denoël 1980

38. OLIVIER Christiane, les filles d'Eve , Denoël 1990

39. OLIVIER Christiane, Les fils d'Oreste , Flamarion 1994

40. PEDERSEN F. A. et al., "Infant development in father absent families", Journal of Genetic Psychology, 1979, n° 135, p51-61.

41. POUSSIN G. et SAYN I., Un seul parent dans la famille, Paris, Le Centurion 1990

42. POUSSIN G. psychologie de la fonction parentale, Toulouse, Privat, 1993

43. POUSSIN Gérard et MARTIN-LEBRUN Elisabeth, "Les enfants du divorce. Psychologie de la séparation parentale", Paris Dunod 1997

44. PRIETO N. "La résidence alternée comme modalité d'exercice de l'autorité parentale lors du divorce. Approche médico-légale, thèse Lyon-I, octobre 1993

45. ROIPHE, GALENCON; La naissance de l'identité sexuelle ; Paris PUF 1987

46. SAINT-MARC Claude, la compétence relationnelle du père, revue Française des Affaires Sociales colloque DPM-DAS hors série, p61-67, 1988

47. STEINMANN Suzan, "The experience of children in a joint custody arrangement, a report of a study" American journal of orthopsychiatry, 51 (3), 1981 p 403à 414

48. STOLLER, Masculin ou féminin?, Paris PUF 1989

49. WALLERSTEIN Judith S. et KELLY Joan B. "Surviving the breakup : how children and parents cope with divorce", Basic Books, USA 1980
traduction française : pour dépasser la crise du divorce ; Privat Toulouse 1989

50. WALLERSTEIN Judith S., BLAKESLEE Sandra, Second chances: men women and children a decade after divorce, Bantam London ; 1989

 

 

Pour un pacte de co-parentalité par la Résidence Alternée


Les séparation et divorce sont devenus une réalité sociale incontournable qui frappe désormais plus d’un couple sur deux dans les grandes villes aujourd’hui.

En France près de 85% des enfants au cours ou après une séparation vivent avec un seul de leurs parents. Plus de   3 000 000   d'enfants n'ont plus de contacts avec l'un de leur parent (en très grande majorité leur père).

Près de 1000 enfants mettent fin à leurs jours tous les ans. 50% de nos enfants sont concernés par ce fléau.

A peine 10 %   des enfants vivent en alternance car les tribunaux n'ont aucune obligation en la matière.

Le bonheur et l'équilibre familial de nos enfants, n'est il pas aussi important que le futur de notre planète ?  Le futur de notre pays et de notre planète ce sont aussi eux : " NOS ENFANTS ".

La séparation et le divorce représentent déjà un coût considérable pour la société, l’échec des enfants de divorcés risque d’être encore bien plus lourd avec la recrudescence de la délinquance. Seule une prise de conscience nous permettra d’y remédier avant qu’il ne soit trop tard.

Des travaux du CNRS (septembre 2003 – Mme DAGNAUD et M. ROCHE), il résulte que la délinquance est la plupart du temps liée à la carence des pères : 46.2 % des jeunes délinquants ne vivent plus avec leur père. Cette relation de cause à effet   est confirmée   en février 2002 par l’étude de la Commission d’Enquête du Sénat sur la Délinquance des Mineurs et par tous les autres travaux qui ont suivi.

 Des enfants sans pères sont souvent des enfants sans repères.

Pour éviter cette situation dans laquelle les enfants sont les premières victimes, seule la Résidence Alternée offre une solution équitable.

Tout enfant a toujours droit à ses deux parents quoique qu’il arrive (Convention Internationale du Droit de l’Enfance).

C’est de surcroît, l’intérêt de toutes les femmes quand elles sont mères d’avoir des hommes qui jouent leur rôle de père.

Etonnement, ces problèmes de famille sont totalement occultés des débats politiques sur les grands choix de notre société de demain.

Notre projet de réforme du divorce s’articule autour des points suivants :

1° : Nous réclamons fondamentalement, (comme cela se fait dans de nombreux pays européens), que la Résidence Alternée soit inscrite dans la loi comme mode de garde habituel.

2° : Nous demandons que la Médiation Familiale soit imposée comme un Préalable à toute procédure familiale.

3° : Nous exigeons que les non-représentations d'enfants soient réellement sanctionnées, et que le transfert de Résidence des enfants chez l'autre parent soit systématiquement imposé dans un tel cas.

4° : En ce qui concerne les Pensions alimentaires :

Nous demandons la mise en place de barème indicatif, basé sur le temps passé par les enfants chez leurs parents et les efforts consentis par chacun d’eux pour répondre à leurs besoins en fonction de leur propre situation financière.

Nous souhaitons que les procédures pour les non-paiements de Pension Alimentaire soient simplifiées afin de réduire le temps d'attente pour leur recouvrement.

Nous demandons que le fait de ne pas s’occuper de ses enfants   soit sanctionné   financièrement pour le parent concerné par l’augmentation du montant normal de la pension alimentaire.

5° : Nous réclamons une réforme profonde de l'aide juridictionnelle, correctement rémunérée, afin de répondre aux besoins réels des justiciables.

6° : Nous exigeons que toute procédure relative à un enfant   soit considérée comme une procédure d’urgence dans l’intérêt même de l’enfant.

Par conséquent, nous demandons solennellement à   chaque candidat et acteur de cette campagne électorale de s’engager à signer et promouvoir notre Pacte afin de permettre l’épanouissement de nos enfants dans une rupture apaisée.

Nom :   Qualité :   Signature :  

Ce document peut être imprimé sous deux versions:

la version pour candidat ou acteur de la campagne présidentielle;

la version pour tout citoyen.

Nous souhaitons um maximum de signatures du secteur médical et du secteur psy, mais tous les soutiens sont les bienvenus pour faire prendre conscience que nos enfants ne divorcent pas et ont besoin de leurs deux parents avant, pendant et après une séparation de couple.

SUR LA NECESSITE DE

LA RESIDENCE ALTERNEE

POUR LE BON DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT

EN CAS DE SEPARATION DE SES PARENTS

 par  Pascaline SAINT–ARROMAN PETROFF  Avocate à la Cour

Paris, décembre 2005

Nous avons assisté au cours des 40 dernières années en Europe à une évolution législative dont la caractéristique essentielle est l’intérêt de l’enfant.

L’enfant a aujourd’hui une place de plus en plus centrale dans nos sociétés modernes.

C’est la convention internationale des droits de l’enfant (art 7 – 9 -10 et 18 notamment), ratifiée par la France le 7 août 1990, qui   a érigé en principe le droit des enfants à être élevés par leurs deux parents et de maintenir des relations personnelles avec chacun d’eux, l’article 18 précise même que « les 2 parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d’élever et d’assurer son développement » .

Il nous a fallu attendre la loi du 4 mars 2002 pour qu’en France soit consacré le principe de la coparentalité :

  • le droit pour l’enfant d’être effectivement éduqué et protégé par ses deux parents, même lorsqu’ils sont séparés.
  • Corrélativement l’obligation pour chaque parent de respecter les liens de l’enfant avec son autre parent
  • l’intérêt supérieur de l’enfant devient donc la règle, comme le recommandait avec insistance la Cour Européenne.

Le législateur précise effectivement que :

« Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent » (art 373-2 al-2) du Code civil.

Dans cet esprit, la résidence alternée est apparue comme le meilleur moyen de garantir une  véritable coparentalité,   sécurité vitale pour l’enfant du maintien du double lien parental.

L’alternance n’est donc pas une modalité accessoire d’organisation de la résidence de l’enfant de parents séparés mais bien la solution de principe, à privilégier :                

  • « …la résidence de l’enfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un deux » (art 373-2-9 al 1 er du Code Civil)
  • le juge peut même « ordonner à titre provisoire une résidence en alternance dont il détermine la durée ».
  • « … au terme de celle-ci » il statuera définitivement sur la résidence de l’enfant en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un deux » (al 2 du même art).

Le principe de la coparentalité étant consacré pour répondre aux besoins de l’enfant, le critère fondamental pour fixer la résidence est à l’évidence devenu

« L’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l’autre » (art 373 – 2 – 11 al 3 du Code Civil).

L’intérêt de l’enfant n’est plus dès lors celui des adultes et les besoins affectifs et éducatifs de l’enfant ne sont plus tributaires des liens du couple.

Casser l’union conjugale est autorisé, casser l’union parentale est une interdiction imprescriptible : la pérennité du lien de l’enfant avec ses deux parents est devenue un droit fondamental pour l’enfant.

La médiation doit jouer alors un rôle essentiel pour responsabiliser les parents en les aidant à construire leur séparation autour et en préservant l’enfant.

Comment donner effectivement un cadre de référence éducatif et social à l’enfant si le cadre familial par la présence à ses côtés de ses 2 parents séparés n’est que fictif ?

La réalité est pourtant autre.

Les enquêtes d’opinion montrent que la France connaît une crise identitaire, que les familles ne sont plus le lieu des transmissions des valeurs, on redécouvre le rôle parental et on en appelle de plus en plus à la responsabilisation des parents.

Un couple sur 2 se sépare dans les grandes villes de France, 1 sur 3 en moyenne nationale comme en moyenne européenne.

Mais comment assurer son rôle de parent quand l’un des deux n’est autorisé, avec la complicité de la justice, à n’intervenir que ponctuellement dans la vie de l’enfant ?

Pourtant tous les travaux de recherches scientifiques néonatales démontrent l’importance de la présence et du rôle de chaque parent dès la naissance pour le bon épanouissement de l’enfant, même si aujourd’hui une minorité de psychologues ou pédo-psychiatres résistent considérant encore que les enfants sont une affaire de femmes.

Il s’agit là d’un vrai problème sociétal qui nécessite que les mentalités soient bousculées et les parents rappelés à la raison.

Le modèle dominant dans 75% des cas, reste encore la résidence des enfants confiée à la mère.

Alors que lorsque les couples construisent leur séparation en suivant par exemple une médiation, dans 80,7% des cas, ils font homologuer par le juge un système d’alternance … étant précisé qu’en cas d’enfants naturels et d’accords parentaux ou d’accords amiables après décisions de divorce, les parents ne saisissent pas obligatoirement le juge pour les faire homologuer  ce qui accroît d’autant le pourcentage.

(Etudes et Statistiques justice n° 23 – Février 2004)

Les textes et la pratique judiciaire sont en conséquence en retrait par rapport à la vie des gens

Répondre à l’intérêt de l’enfant c’est tenir compte de l’évolution de la société :

  • les parents se partagent aujourd’hui autour de l’enfant,
  • les pères utilisent massivement les congés de paternité,
  • l’enfant dès sa conception est habitué à ses 2 parents, relation triangulaire porteuse de gros progrès dans la construction de sa personnalité.

Il nous faut un droit adapté aux réalités de la société et aux découvertes scientifiques et non plus aux idéologies judéo chrétienne du 19 ème siècle notamment.

Et l’on est en droit de s’inquiéter d’autant plus que le taux des divorces et séparations ne cesse d’augmenter et que les conséquences sont lourdes et pour l’enfant et sur le plan sociétal :

  • accorder à l’un des parents la résidence exclusive c’est le mettre en situation du surpuissance, il est, pour l’enfant, pour la société le parent principal ; cela revient à vider de sens l’exercice même de l’autorité parentale.
  • l’autre parent, principalement le père, n’est plus qu’un parent secondaire investi du droit « de visiter son enfant »

Avec une fin de semaine sur deux (1, 3,5) et un mercredi   sur deux (2,4) il devient le parent sorties, fêtes, jeux …il n’est plus le parent (le père notamment) éducatif ; pour l’enfant même, il a perdu toute sa crédibilité de parent.

Il est souvent ignoré par l’institution scolaire, n’est pas pris en compte dans les critères d’attribution de logement sociaux, ne bénéficie pas de prestations sociales….

  • L’enfant vit toujours de surcroît la coupure comme un abandon affectif…

On est loin dès lors de répondre à l’intérêt de l’enfant.

Ce n’est même pas l’intérêt des femmes qui deviennent alors le parent « fouettard » et doivent assumer une responsabilité d’autant plus écrasante que l’enfant est petit en se voyant rechargée de toutes les tâches dites « maternelles »

Ce n’est pas l’intérêt de la société :

Plus de 1 700.000 enfants vivent dans des foyers mono-parentaux.

Il est d’ailleurs significatif de rappeler que 92% des femmes seules avec enfant travaillent (chômeuses comprises) contre 87% pour les femmes en couple …

Un tiers de ces enfants finissent par perdre tous liens avec l’autre parent (dans 85% le père).

Le risque social, le coût social qui en résultent peuvent être très lourds pour notre société.

Les retards ou échecs scolaires, les problèmes de mal être, de marginalisation, de suicide, de délinquance, de drogue… sont le plus souvent la conséquence de la perte des repères identitaires dès le plus jeune âge, sans compter les effets de reproduction pour chacune et chacun de son propre vécu…

Il n’est que temps de se pencher avec sérieux sur cette problématique dont les répercussions vont régir notre société de demain

Reconnaître que le maintien du lien parental est un droit pour l’enfant et un devoir pour les parents signifie que le principe de l’alternance s’impose, seul reste alors à en organiser les modalités   (Assimiler résidence alternée à une semaine pour chaque parent est un leurre : plus l’enfant est jeune, plus le rythme de l’alternance doit être court et l’alternance ne signifie pas obligatoirement égalité de temps).

DE L’INTERET DE L’ALTERNANCE DES

LE PETIT AGE  

Dès son petit âge l’enfant a besoin de ses deux parents et la coparentalité   doit se jouer dès la naissance de l’enfant, la relation triangulaire étant primordiale.

Le congé de paternité contribue de ce point de vue à responsabiliser les pères et faire évoluer les mentalités.

« Le père et la mère, animant chacun le rôle propre à leur sexe, chacun ayant ses propres gènes, sa propre personnalité avec ses dons et ses faiblesses, sont représentés tous deux dans leur enfant commun dès la fusion de l’œuf et du sperme. L’enfant porte en lui des éléments des deux parents. Le soi (la personnalité de l’enfant) doit sa structure et sa substance (on peut même dire son « essence ») à ses deux parents » explique le Dr Jean Marc DELFIEU, psychiatre, expert près la Cour d’Appel de Nîmes (revue des experts n° 67 – Juin 2005).

« Autrefois, on prenait la relation à deux (dyade) entre la mère et son enfant comme prioritaire ; aujourd’hui, les résultats de la recherche prénatale en néonatologie nous apprennent que l’enfant est, depuis sa conception, un dans une relation à trois (triade) ».

« C’est déjà au cours de la grossesse, donc dans sa phase intra-utérine, que l’enfant perçoit son père  (par exemple, à travers les sentiments de la mère ou par le truchement de la voix du père) ».

Et c’est justement parce que « durant la première année de sa vie la symbiose mère enfant est d’une intensité toute particulière »… que le rôle du père s’avère essentiel.

L’enfant a besoin de lui pour se construire et casser la relation fusionnelle naturelle.

Le taux des maladies telles que les troubles anxieux, les dépressions, les troubles relationnels est significativement plus élevé chez les adultes dont le père n’a pas été suffisamment présent au cours des 6 premières années de la vie.

Entre 50 à 70 % des hommes et des femmes en subissent encore les conséquences à l’âge adulte écrit ce psychiatre spécialement concerné par les problèmes de la séparation et des conflits judiciaires en sa qualité même d’expert judiciaire.

Les enquêtes récentes visées dans le rapport GODET-SULLEROT interpellent encore :

« Les souffrances subies dès le plus jeune âge jouent un rôle primordial dans les parcours qui conduisent à la rue ».

Alain BRUEL ancien Président du Tribunal pour enfants de Paris dès 1998 précisait que « la paternité est le lien stratégique des préventions de très nombreux risques sociaux ».

Et le lien avec le père doit être permanent pour être réel tout comme celui avec la mère.

Les rôles sont différents et doivent être préservés dès la naissance.

Le père « en pointillé » c’est la perte du repère d’autorité qui pourtant est fondamental dans la construction de la personnalité du tout petit, le père étant la force d’opposition au lien fusionnel avec la mère (donnée psychologique incontournable).

Les pédo-psychiatres américains se fondant sur des travaux scientifiques   expliquent même que c’est surtout les 9 premiers mois de la vie que le bébé éprouve une forte angoisse   d’être séparé de sa mère ou de son père (Lamb 96, main et Weston 1981).

…  « Qu’il est faux de prétendre que le nourrisson ne peut s’attacher qu’à une seule personne » …

En revanche, le parent qui s’investit le plus devient « le principal attachement »…

Jean LE CAMUS, Dr en psychologie chercheur sur la psychologie du tout petit rappelle que « c’est dès le commencement et tout au long de l’enfance que la mère et le père doivent se rendre présents et s’impliquer chacun à leur manière comme de véritables coacteurs de la structuration psycho-affective et du développement de leur enfant » (le vrai rôle du père – édition Jacob – 2000).

Exprimé autrement, Elisabeth FIVAZ – DEPEUR-SINGEen 99 parle du triangle primaire existant dès la grossesse :

« Ce n’est plus possible de soutenir que la fonction du père n’est légitimée que par le bon vouloir de la mère, que cette fonction n’a de prise qu’à partir de l’âge de 18 mois ou au moment où l’enfant est entré dans le stade oedipien » …

Il s’agit là « d’affirmations convenues » non soumises à l’épreuve de l’expérience clinique …. «  il n’y a pas un âge de la mère puis un âge du père » au cours duquel prévaudrait le besoin d’autorité.

« à l’exception de l’allaitement il n’y a pas de preuve que les femmes soient biologiquement prédisposées à être de meilleurs parents que les pères ».

Ce sont les conventions sociales et non les impératifs biologiques qui fondent la division traditionnelle des responsabilités parentales «  Lamb ».

« Il s’agit là … d’idées reçues qui constituent un écran idéologique qui se superpose à la réalité psychologique » Geneviève Delaisi de Perseval .

« Les pères changent. Ils ont avec leurs enfants des contacts charnels, sensuels, et n’ont plus peur de leur part dite féminine. C’est une révolution : un papa qui dit « il a faim » est un homme qui a su s’identifier à son bébé pour le comprendre. Il rompt ainsi le pacte de la virilité traditionnelle qui veut qu’on s’identifie à plus fort que soi, dans une position phallique. L’univers de l’enfant n’est plus uniquement maternel et il a tout à y gagner. Ce n’est encore qu’une amorce, mais il faut l’encourager. »

(Les pères n’ont plus peur de leur part dite Féminine ) Maryse VAILLANT , psychologue Clinicienne.

LE MODE DE L’ALTERNANCE DOIT SE FONDER PRIORITAIREMENT SUR LA VIE DE L’ENFANT AVANT LA SEPARATION

Lorsque les deux parents travaillent, l’enfant en général vit l’alternance :

  • le matin, papa, les fins d’après midi maman… le soir   les deux parents
  • la crèche … la nounou … la grand-mère….

Tout système rigide doit cependant et à l’évidence être écarté.

L’alternance ne signifie pas une semaine pour chaque parent.

Chaque enfant, chaque famille est unique.

Il est impératif de tenir compte du rythme de l’enfant lui-même :

  • de sa vie sociale (horaires de crèche, de nounou …),
  • de sa vie familiale : comportement de chacun des parents avant la séparation… horaires des parents…domiciles proches …,
  • de son propre rythme : rythme alimentaire, de sommeil …

Tous les intervenants judiciaires doivent y être attentifs et se pencher sérieusement sur le vécu de l’enfant : le nourrisson doit pouvoir voir chacun de ses parents le plus fréquemment possible.

Exemple : une maman infirmière avec des contraintes horaires, il est préférable que le juge octroie au père l’alternance que l’enfant vivait du temps de la vie commune plutôt que de favoriser le recours à un tiers (crèche ou nounou).

Et d’ailleurs en général, l’alternance tourne autour de 1jour/1jour.

Des études américaines , il ressort que plus l’enfant est petit, plus cela leur est favorable (facultés d’adaptation plus grandes).

En suède le système est généralisé tout comme dans maints états aux Etats-Unis et les résultats en sont :

  • moins de conflits parentaux,
  • baisse de la surcharge des tribunaux (= économie certaine),
  • beaucoup moins d’enfants  perturbés.

Tant il est vrai que si l’alternance est le système de principe, la « toute puissance » liée à la résidence exclusive, le besoin de possession de l’enfant par tout parent disparaît par la force des choses.

L’étude sociologique de G. Neyrand pour la Caisse Nationale d’Assurance Maladie en 1990 conclut d’ailleurs indiscutablement sur la primauté. de la résidence alternée pour l’équilibre psychologique éducatif et affectif de l’enfant.

L’alternance pratiquée par le juge Rudolph (très médiatisé) en Allemagne (il demande aux parents de préserver leur système d’avant la séparation et, à défaut d’accord, le leur impose) n’a que des résultats bénéfiques (apaisement puis disparition du conflit parental)

(Statistiques de cabinet).

LES DIVERGENCES EDUCATIVES ENTRE LES PARENTS : UN PROBLEME ?

 

Il s’agit là d’un faux problème.

Dans tout couple il y a divergence, ne serait-ce que parce que chacun des parents est porteur de son propre vécu.

Sans compter les divergences politiques, religieuses, sociales qui sont même en général source de richesse.

Lorsque le couple préserve sa relation amoureuse, personne ne s’interroge sur les disparités de conception des parents pour élever leurs enfants.

Quel est le couple vivant sous le même toit où l’on ne trouve pas un parent plus attentif sur le suivi du travail scolaire le soir par exemple, que ce soit la mère ou le père ? et ou l’un des deux est plus permissif que l’ autre ?

 

Lorsque le couple se sépare, ce n’est pas l’alternance qui posera problème pour préserver l’enfant mais le maintien même du lien avec chacun de ses parents pour les parents eux-mêmes.

Et le problème se pose dans les mêmes termes lorsque l’enfant ne voit l’un de ses parents qu’un week-end sur deux et un mercredi sur deux par exemple : l’enfant aura bien deux modes de vie.

Chaque parent retransmet toujours par définition   ses principes éducatifs à son enfant.

Principes, qui deviennent même des règles essentielles de vie lorsqu’il y a conflit parental.

Il ne faut pas se cacher la réalité, c’est quasiment une question de survie pour chacun des parents.

L’enfant est alors plus encore victime de plein fouet de l’inégalité des rôles parentaux.

Il comprend d’autant moins d’avoir un parent principal et un parent secondaire au quotidien.

Il ne faut jamais oublier qu’il aime ses deux parents et respectera toujours les règles éducatives de chacun de ses parents (quitte à avoir le droit de regarder la télé le soir chez l’un et d’accepter l’interdit chez l’autre par exemple).

La Cour Europeenne des Droits de l’homme (2 ème Section) dans son arrêt du 3 Novembre 2005 contre la France (requête n° 61162100 conceptions religieuses différentes des parents) en rappelant le but prioritaire que représente la prise en compte de l’intérêt supérieur des enfants souligne clairement la nécessité pour les enfants de … « conserver une image suffisante de leur père en tant qu’éducateur, et que les choix éducatifs du père soient pris en compte au même titre que ceux de la mère »… (Choix très divergents).

… «  Préserver le libre choix des enfants en prenant en compte les conceptions éducatives respectives des deux parents … sans porter de jugement de valeur » …   est assurément une solution de sagesse.

Il est intéressant, par ailleurs, de relever que dans cet arrêt il est noté que :

«  … Le rapport d’enquête sociale a, notamment, fait ressortir que G. et M. paraissaient à l’aise  dans les deux univers de leurs parents et intégraient petit à petit le fait d’avoir « deux maisons ». (…) ce qui ne peut que confirmer notre analyse.

AVOIR DEUX MAISONS , CE SERAIT DESTABILISANT  ?

La permanence du cadre de vie constitue t-elle un gage du développement harmonieux de l’enfant ?

Il s’agit là encore d’un faux problème.

La crèche … la nounou… la grand-mère … dès sa naissance le bébé vit des résidences alternées sans que personne ne s’inquiète – à juste titre-  de savoir s’il est ballotté ou non.

La diversité des lieux pour l’enfant, c’est sa vie et ce depuis la nuit des temps.

L’important pour préserver la stabilité de l’enfant, ce sont ses deux parents ;

Ce sont eux ses piliers, ses repères.

« La stabilité de l’enfant, c’est veiller à ce que « sa famille » continue après la séparation et lorsqu’il vit l’alternance les mères notamment ont pu reconnaître que l’enfant s’y retrouvait et donc qu’elles s’y retrouvaient »… nous explique Jean Lecamus.

 

Neyrand De Singly et Decup-Paimer démontrent que nos « craintes sont largement infondées même si elles s’établissaient sur un constat renouvelé, celui de la nécessaire unité psychique de l’enfant dont on constate là encore qu’elle dépend moins de la réalité matérielle que de la réalité psychique ».

Des travaux américains il résulte « que la perception du tout petit vivant l’alternance était impressionnante ».

L’important est de préserver le milieu sensoriel de l’enfant :

Pour S . GYANPINO, l’odeur des parents, le couffin, le doudou … là est le monde du nourrisson.

Et qu’il ne soit point dit que la résidence alternée coûte plus cher aux parents !

Le simple parent visité se doit tout autant que les parents vivant l’alternance de prévoir un lieu de vie pour recevoir son enfant, une garde robe minimum, des jouets etc…

LA PROXIMITE DES DOMICILES S’IMPOSE T-ELLE ?

C’est autour de l’école de l’enfant que l’alternance doit se construire et avant la scolarisation de l’enfant, de la crèche ou de la nourrice.

Conduire son enfant dans une crèche professionnelle peut impliquer des temps de trajet conséquents.

La proximité des domiciles parentaux ne peut être une condition de l’alternance, elle est en revanche une condition favorable disent les Canadiens.

Le critère le plus réaliste est que le temps du trajet ne soit pas source de fatigue pour l’enfant.

Il est nécessaire en réalité d’être toujours à l’écoute de son enfant ; dans bien des cas c’est l’enfant lui-même qui impose l’alternance « traverser tout Paris est bien peu de chose   si je garde ainsi et papa et maman »…

DE LA NECESSAIRE MEDIATION

La loi subordonne encore la médiation à l’accord des parties.

Il n’est donc pas question pour le juge - du moins dans les textes – de l’imposer. Il peut cependant enjoindre aux parents à s’y prêter et souvent le juge fait à juste titre pression sur les 2 parents pour qu’il accepte la mesure.

C’est un premier pas.

Pourquoi ne pas cependant imposer la médiation comme un préalable à l’action judiciaire comme au Canada par exemple ?

  • les tribunaux seraient désengorgés ;
  • les parents seraient contraints de réapprendre à dialoguer .

La médiation constitue une véritable aide à la parentalité.

Le conflit parental est souvent lié à la souffrance de la séparation, la crainte de perdre son identité de « bon » parent (la pression sociale est toujours très forte pour les mères notamment).

Préserver la permanence du couple parental, malgré la séparation, cela s’apprend.

« Les professionnels » de la médiation savent de mieux en mieux responsabiliser les parents qui arrivent alors à « construire » leur séparation ;

L’âge de l’enfant, étonnement,  n’est quasiment jamais le problème « en médiation » dès lors que les parents, du temps de leur vie commune, se faisaient confiance. .. d’où le taux de 80,7% de résidences alternées qui vivent ce qui devrait sérieusement nous faire réfléchir.

Que les mères confinées socialement dans leur rôle de mère acceptent mal l’alternance après la séparation, relève de l’évidence et on ne peut pas y être insensible, le besoin d’appropriation de l’enfant est une réalité.

Ce peut être cependant vécu comme une chance à prendre, la rupture ouvrant alors la porte à une plus grande égalité homme femme.

 Que les pères habitués à pouponner autant que les mères refusent d’être coupés de leur bébé du seul fait de la séparation se comprend tout autant.

La médiation seule permet que le besoin de possession s’estompe au profit de l’intérêt de l’enfant : l’enfant en est le vrai gagnant.

La médiation est coûteuse ? Elle revient moins cher qu’une enquête sociale ou médico-psychologique, enquêtes qui ne règlent pas les problèmes !

Il faut être réaliste, une partie peut bloquer la médiation surtout si elle a saisi le juge pour régler le conflit.

Il est alors souvent trop tard.

L’imposer préalablement à la saisine du juge déjudiciariserait les conflits à l’évidence.

SUR LE PLAN EUROPEEN   

La Cour de Strasbourg  a été conduite à se pencher sur les problèmes liés à l’exercice de l’autorité parentale.

… «  Pour un parent et son enfant, être ensemble représente un élément fondamental » …          

Cour Européenne des Droits de l’Homme  

 

8 juillet 1987

Royaume Unie

 

24 mars 1988

Suède

 

22 juin 1989

Suède

 

25 février 1992

Suède

 

26 mai 1994

Hollande

 

7 août 1996

Norvège

 

9 juin 1998

Italie

 

16 septembre 1999

Italie

 

19 septembre 2000

France

La jurisprudence est constante

La Cour utilise même le concept d’obligations positives.

Chaque Etat, doit même développer et prendre toutes les mesures pour réunir le parent et l’enfant concerné arrêt Erikson de 89 (Suède).

Certes la Cour rappelle qu’il n’est pas dans son rôle de se substituer aux Etats en matière de réglementation de droits d’hébergement mais elle se réserve un pouvoir de contrôle sur l’intérêt supérieur de l’enfant (garde-placement).

SUR LA PLACE DES TIERS

Le tiers, c’est le beau parent, le grand parent ou toute personne qui à l’enfant en charge.

La Loi de 2002 est très en retrait par rapport aux propositions de la Commission Dekeuwer-Defossez – c’est très regrettable.

Elle a certes modifié les principes de la délégation de l’autorité parentale favorisant notamment sous le contrôle du juge, le partage de l’autorité parentale entre le délégatoire et le parent qui délègue.

Mais cela ne répond pas à l’évolution de la société et au problème de l’enfant qui vit dans une famille ou 2 familles recomposées.

Or 1,6 millions d’enfants de moins de 25 ans sont concernés par la recomposition familiale (INSEE Première – 2003 – n° 901) et le nombre de familles recomposées ne cesse d’augmenter (augmentation de 10 % entre 1990 et 1999 (INSEE enquêtes étude de l’histoire familiale).

Un beau parent n’a aujourd’hui aucun statut juridique.

Il n’a aucun droit de faire quoi que ce soit à l’égard de l’enfant alors qu’il participe au quotidien à son éducation.

Il ne s’agit aucunement d’empiéter sur les droits et devoirs de la mère et du père, il y a là une donnée fondamentale à laquelle il ne faut surtout pas toucher.

En revanche, mandat pourrait être donné au beau parent pour les petits actes de la vie quotidienne de telle sorte qu’il soit reconnu « juridiquement » … auprès des institutions par exemple comme l’école, le médecin …

Lorsque des liens affectifs forts se sont créés entre l’enfant et le tiers, dans l’intérêt même de l’enfant, le droit de lui accorder des droits de visite et d’hébergement en cas de séparation des « parents recomposés » devrait être prévu par la loi.

Plus encore lorsque des enfants sont issus de la famille recomposée et que lors de la séparation des droits d’hébergement sont organisés et que l’enfant issu d’un premier lit reste à l’écart alors qu’il s’est attaché « au tiers ».

Ce sont même des fratries qui sont cassées quand les 2 parents d’origine ont eu à nouveau des enfants.

Le grand perdant des séparations, c’est toujours l’enfant, il faut y mettre un terme en bousculant au besoin les mentalités.

Il serait nécessaire dès lors de reconnaître dans le Code Civil pour « les beaux-parents » le droit de pouvoir bénéficier de temps de visite ou d’hébergement, sous le contrôle du juge, l’intérêt de l’enfant devant seul être pris en considération.

Il ne s’agirait que d’une possibilité exclusivement fondée sur la qualité des liens construits entre le tiers et l’enfant.

LES PENSIONS ALIMENTAIRES

Il est totalement inexact de soutenir qu’avec alternance, il n’y a plus de pension alimentaire pour l’enfant.

Tous les professionnels de l’enfance pourront confirmer que par définition, il est tenu compte des conditions matérielles de vie de l’enfant.

Si les revenus des parents sont sensiblement égaux, il n’y a pas de pension pour l’enfant, les parents assumant alors les frais de l’enfant par moitié (école, activités extrascolaires …).

En revanche s’il y a disparité de situation économique entre les parents, l’enfant aura et doit avoir toujours droit à une pension pour que son niveau de vie soit similaire chez chacun de ses parents.

Il est tout autant inexact de prétendre que l’alternance est un système doublement onéreux pour les parents.

A l’évidence, les doubles logement, jouets, habits, chambre pour l’enfant … se posent dans les mêmes termes lorsque l’un des parents ne bénéficie que d’un week-end sur deux et de la moitié des vacances scolaires.

Cela pose en revanche un problème de coût pour la société, ne serait ce qu’en raison de la nécessité du double logement.

Il est nécessaire cependant de prendre aussi en considération le problème du coût social engendré par les difficultés de l’enfant, coupé de l’un de ses parents (problèmes de retard scolaires,   psychologiques, de santé voire de délinquance).

En revanche par delà le problème de la résidence lui-même, il est urgent que des barèmes indicatifs officiels soient établis pour éviter les disparités actuelles des montants de pensions fixées selon les tribunaux et plus grave encore, l’idéologie des juges.

Cela contribuera de surcroît   à limiter de manière considérable bien des conflits.

Le  constat que nous pouvons faire est que la France est en retard …

CONCLUSION – PROPOSITIONS

Etre titulaire de l’autorité parentale, soit bénéficier de « la garde » juridique de son enfant, reste un leurre pour l’enfant si dans sa vie, au quotidien, il se trouve privé de l’un de ses parents.

De ce point de vue, la loi du 4 mars 2002 doit être améliorée ;

Elle valorise certes la résidence alternée, répond en ce sens à la pratique des parents responsables et à l’évolution de la société dans le sens de la modernité.

Elle ne contraint pas cependant l’institution judiciaire prise cependant dans sa globalité qui, toujours très majoritairement, reste attachée au principe du parent résident et du parent visité, contrairement même à l’intérêt de l’enfant sous le principe duquel, pourtant, elle délibère toujours.

  • Il est temps, à l’exemple des pays démocratiques avancés, que l’intérêt supérieur de l’enfant soit reconsidéré et qu’enfin le principe de l’alternance soit consacré et devienne la norme légale et sociale comme répondant au droit de l’enfant à ses deux parents, même séparés, la résidence exclusive devenant l’exception sous le contrôle du juge (le critère devant être le parent le plus apte à préserver l’image de l’autre, à respecter les droits de l’autre) ;
  • Il est temps que la Justice confie l’enfant au parent le plus apte à préserver l’image de l’autre sans sexisme aucun lorsque l’alternance s’avère impossible.
  • Il est temps que toute violation de l’exercice conjoint de l’autorité parentale puisse être sanctionnée pour rappeler à l’ordre le parent récalcitrant ;

Un délit d’entrave à l’exercice conjoint de l’autorité parentale avec un système de sanctions pécuniaires et de renvoi à la médiation pénale existante s’impose de manière urgente.

  • De la même manière consignes doivent être données pour que les plaintes en non représentation  d’enfants ou non paiement de pensions alimentaires soient systématiquement enregistrées et suivies d’effets (Polices – Parquets).
  • Sur le plan du logement social, et ou de l’aide au logement, il est temps que les enfants soient pris en compte dans l’appréciation des ressources du parent « non gardien » et que chaque parent soit considéré comme ayant des enfants à charge quelque soit le mode de résidence.
  • En matière de transport, chaque parent doit pouvoir bénéficier de la carte famille nombreuse.
  • En cas d’éloignement de l’un des deux parents par choix de vie, le transfert de résidence à l’autre parent doit être légalisé pour responsabiliser les parents et remplir de sens la coparentalité.
  • La médiation doit être généralisée (imposée ?) lors des séparations parentales et surtout préalablement à toute saisine du juge.
  • Un barème indicatif officiel pour déterminer les montants des pensions alimentaires est attendu avec urgence.

 


fermer