On aurait
en effet pu enfin et une nouvelle
fois espérer
que les pères et les mères
allaient enfin se retrouver sur
un pied d’égalité dans
l’intérêt
de leurs enfants.
On peut
en fin de compte se demander
légitimement
si l’on est encore une
fois passé à côté de
l’essentiel.
C’était pourtant
l’occasion de remettre
le Droit
de la Famille à plat
et enfin avancer sur les problèmes
importants qui auraient permis à ce
Droit sociologiquement fondamental
eu égard à notre
mode de vie, de se renouveler
enfin sérieusement.
En effet,
si une réforme
du droit
de la famille avait
pu trouver notre agrément,
et ce n’est pas sans l’avoir
espéré, il aurait été question
de se pencher plus sérieusement
sur le sort des enfants plutôt
que sur ce qui malheureusement
semble intéresser prioritairement
le grand public comme ce qui
touche à la durée
ou au coût des procédures.
Mais
il pouvait pourtant sembler
plus urgent de redéfinir
la notion d’intérêt
exclusif de l’enfant.
Il est
donc important de considérer
que cette redéfinition
passe avant tout par la nouvelle
place du père dans sa
relation avec son ou ses enfants.
Nombres
d’associations
et notamment “JUSTICE
PAPA” dont
la devise “j’ai autant
droit à mon papa qu’à ma
maman” résume parfaitement
son état d’esprit
et s’y penche en permanence.
Malheureusement,
force est de constater à la lecture
de cette nouvelle loi qu’encore
une fois, il n’en est rien.
Quand
allons-nous enfin instituer
cet intérêt exclusif
de l’enfant comme une préoccupation
de principe passant par la participation équivalente
du papa et de la maman s’agissant
de son éducation.
Force
est tout de même
de constater que la loi de l’ancien
ministre SÉGOLÈNE
ROYALE peu de temps avant celle-ci
avait suscité une avancée
certaine malgré ses limites.
Elle
a en effet institutionnalisé en
lui conférant une référence
juridique, la notion de résidence
alternée tant décriée
voir ridiculisée par les
adversaire irréductibles
de la co-parentalité et
de l’acceptation de cette
idée toute simple selon
laquelle un père a une
place tout aussi importante que
celle de la mère.
Désormais et du fait
de cette institutionnalisation,
la Justice, ne pourra plus répondre
avec mépris ou condescendance
aux demandes des pères
qui veulent tout simplement s’occuper
de leur enfants dans un cadre
juridique que la loi n’a
pas prévu.
Le système de la résidence
alternée ne sera désormais
plus considéré comme
un “gadget” sollicité par
un papa trop souvent soupçonné de
ne formuler une telle demande
que dans un unique but revanchard
vis-à-vis de la mère.
L’enfant doit être
au centre de la préoccupation
du Droit
de la Famille.
Malheureusement,
et encore une fois une avancée est
gâchée par l’opposition
irréductible des adversaires
de l’égalité parentale et de la co-parentalité et
donc il faut bien le rappeler,
des pères.
Ces
derniers ont bien compris en
effet que malgré leur
opposition, ils ne pouvaient
rien contre une telle évolution.
Il est
en effet indéniable
que la transformation de notre
structure familiale passe nécessairement
par la revalorisation du père
auprès de son enfant..
Ils
ont donc décidé d’axer
leur stratégie sur la
façon de limiter le plus
possible les effets de ces avancées
en faveur des père vis-à-vis
de leurs enfants et donc en faveur
de la co-parentalité.
Leur
but n’est pas en
effet l’intérêt
de l’enfant, mais avant
tout la place prédominante
de la mère auprès
de celui-ci en tant qu’il
constitue un rapport de pouvoir
social et économique indéniable.
Ils
ont ainsi bien compris qu’ils ne pourront jamais
obtenir le retrait de ce texte
qui fait désormais parti
de notre arsenal législatif.
C’est donc en tentant
par tous les moyens de le rendre
inopérant qu’ils
ont décidé de le
combattre.
Et ce
texte, nonobstant l’espoir
qu’il suscite en introduisant
une formule égalitaire
vis-à-vis de l’enfant,
s’est arrêté en
cours de chemin, vraisemblablement
du fait des pressions de la part
de ces adversaires de la co-parentalité,
concept indissociable de la notion
d’intérêt
exclusif de l’enfant.
Ainsi,
la possibilité de
la mise en place de ce système équilibré qu’est
la résidence alternée et qui est désormais légalement
offerte à la Justice,
n’est malheureusement qu’une
alternative parmi les autres
Quand
allons-nous enfin prendre conscience
de ce que le principe essentiel
du Droit
de la Famille est
de permettre avant tout à l’enfant
de bénéficier de
ses deux parents de façon équivalente
?
Quand
allons-nous décider
une fois pour toute que la première
des dispositions à prendre
est celle qui permet à l’enfant
de garder proche de lui ses deux
parents ?
Force
est de constater que la vieille
rengaine du soit-disant nécessaire accord total
des parents déjà durablement
utilisée par le passé pour
s’opposer à l’exercice
en commun de l’autorité parentale est de nouveau utilisée
lorsqu’il est question
cette fois-ci, de la résidence
alternée.
On oublie
trop souvent qu’en
cas de séparation,
divorce, rares sont les cas où un
tel consensus existe.
Ne s’agit-il pas en fait
de l’accord nécessaire
de la mère car le père
est en général
de son côté toujours
d’accord avec cette perspective
?
Quand
le législateur
et la Justice vont-ils enfin
comprendre que tant que la mère
se sentira en position de force
vis-à-vis du père,
elle va nécessairement
en profiter ?
Il n’est pas question
d’attribuer à la
mère un penchant naturel
en ce sens mais d’attirer
l’attention sur le fait
que lorsque l’on se sent
en position de force, on en use
et on en abuse.
Il ne
s’agit donc pas
d’opposer le père à la
mère, mais de les prendre
comme ils sont avec leurs défauts
et leurs qualités et par
cette démarche n’en
favoriser aucun au départ.
Quand
allons-nous en effet enfin
comprendre que c’est
justement en cas de désaccord
même aigu entre le père
et la mère que la mise
en place d’un tel système
de résidence alternée a justement toute son utilité.
N’a-t-on pas intérêt à composer
lorsque l’on n’a
pas plus de chance que l’autre
d’obtenir gain de cause
concernant son enfant.
La mère qui au départ
n’est pas disposée à dialoguer
avec le père ne sera-t-elle
pas plus encline à le
faire lorsqu’elle s’apercevra
que ce qu’elle espère
vis-à-vis de ce dernier
n’est pas nécessairement
acquis d’avance ?
Certes,
les raisons qui guideront sa
stratégie ne seront
peut-être pas toujours
les bonnes, mais l’essentiel
n’en serait-il pas pour
autant préservé car
après tout, l’enfant
fera-t-il la différence
?
Pourquoi
irait-il chercher les raisons
de l’un de
ses parents pour un accord le
concernant et qui est de nature à lui
donner entière satisfaction
?
Peu
importe que les raisons profondes
de ce dialogue mis en place
entre son père
et sa mère le concernant
ne soient pas pour au moins l’un
d’entre-eux la prise de
conscience de son intérêt
exclusif.
L’essentiel n’est-il
pas le dialogue ?
C’est ce qui nous motive
avant tout dans cette lutte que
nous menons aux côtés
des pères.
Mais
peut-être que les
adversaires irréductibles
de la co-parentalité l’ont
justement trop bien compris et
que c’est justement ce
qui expliquerait leur opposition à admettre
dans la loi la résidence
alternée en tant que principe
de base du Droit
de la Famille.