Les
enfants sont
attachés
au père
comme à
la mère
dés le
plus jeune âge
|
|
On
sait aujourd'hui
sans ambiguïté
que, dés
la naissance,
le père
est autant
que la
mère
nécessaire
au développement
affectif
et psychologique
de l'enfant.
Les réactions
d'attachement
et l'angoisse
de la
séparation
existent
pour le
père
comme
pour la
mère. |
BOWLBY
et AINSWORTH,
autour des années
1960-1970, ont
étudié
et décrit
l'attachement
et la séparation
d'un enfant
et de sa mère.
Ils ne se sont
intéressés
qu'à
une moitié
des interactions
parent-enfant
: la partie
mère-enfant,
à "la
façon
dont les jeunes
enfants réagissent
lorsqu'ils sont
séparés
de leur mère
et ultérieurement
lorsqu'ils sont
réunis
à nouveau."
BOWLBY
J., Attachement
et perte, volume
1 : L'attachement,
Paris PUF 1978
(1ère
édition
1969) p79
Depuis, les
chercheurs ont
aussi étudié
l'autre moitié
des interactions
parent-enfant
: l'attachement
père-enfant,
parallèlement
à l'attachement
mère-enfant.
Leurs résultats
généralisent
la théorie
de BOWLBY:
"On
retiendra de
cet ensemble
de travaux des
années
75 que, dans
les situations
de la vie quotidienne,
les pères
"tout-venant"
apparaissent
comme des figures
d'attachement
aussi efficaces
que les mères,
bref, comme
des partenaires
du bébé
émotionnellement
compétents."
"Au même
titre que la
mère,
le père
se comporte
comme une figure
d'attachement
et peut, en
conséquence,
recevoir et
émettre
des signaux
caractéristiques
de cette relation
primaire."
LE
CAMUS Jean,
pères
et bébés,
éditions
L'Harmattan
Paris 1998,
p95-108 (p98,
p108)
Le Docteur Michael
LAMB, en 1996,
résume
l'état
des connaissances
récemment
acquises sur
le père
et le développement
de l'enfant
:
" il y
a des preuves
substantielles
que les nourrissons
forment des
attachements
avec aussi bien
les mères
et les pères
à peu
près
au même
point pendant
la première
année
de vie. "
LAMB
Michael E; The
development
of Father-Infant
Relationship;
in The role
of the fathers
in Child development;
3e edition,
John Wisley
New York 1996,
p119-120
LAMB
étudie
les relations
entre parents
et enfants :
"Vingt
nourrissons
ont été
observés
chez eux interagissant
avec leur mère,
leur père
et un enquêteur
étranger,
quand ils avaient
15, 18, 21 et
24 mois. Les
nourrissons
ont montré
des préférence
significatives
pour leur père
par rapport
à leur
mère
dans leur démonstration
de comportement
d'attachement
et d'affiliation.
[
] A 24
mois, les nourrissons
étaient
observés
dans une salle
de jeu de laboratoire
avec leurs parents.
Dans cette situation,
les nourrissons
ne montrèrent
aucune différence
entre les parents
dans leur démonstration
de comportement
d'attachement
et d'affiliation.
Ils interagirent
beaucoup plus
avec chaque
parent quand
ils étaient
seul avec lui
qu'avec les
deux présents
ensemble. La
présence
d'un étranger
avait un effet
similaire sur
l'interaction
d'affiliation
à l'intérieur
de chaque dyade
parent-nourrisson,
bien que l'effet
de l'étranger
se différentie
par l'intensification
du système
de comportement
d'attachement."
LAMB
M. E. ; The
development
of mother infant
and father infant
attachments
in the second
year of life
; Developmental
psychology,
13, 6 p637-648
1977 p637
Mary
MAIN et Donna
WESTON ont aussi
étudié
l'attachement
de 46 enfants
à un
an et à
18 mois en utilisant
la méthodologie
et la classification
de AINSWORTH.
Le résultat
est que les
enfants se sentent
en sécurité
indépendamment
avec leur père
ou avec leur
mère.
Un enfant peut
très
bien être
sécurisé
à un
moment avec
sa mère
et sécurisé
à un
autre moment
avec son père.
Et il n'y a
pas de corrélation
entre les deux.
MAIN
M. , WESTON
D. , "The
quality of the
toddler's relationship
to mother and
father : related
to conflict
behavior and
the readiness
to establish
new relationships",
Child development,
1981, 52, p.932-940
KROMELOW et
ses collaborateurs
ont montré
que les garçons
entre 1 an et
2 ans qui sont
attachés
aux deux parents
sont plus sociables
vis-à-vis
d'une "étrangère"
lorsqu'ils sont
avec leur père
que quand ils
sont avec leur
mère.
KROMELOW
S. et al ; The
role of the
father in the
development
of stranger
sociability
during the second
year Amer J.
Orthopsychiat.
P521-530 60,
1990
CRAMER et BRAZELTON
T. BRAZELTON
est un pédiatre
de renommée
internationale,
spécialiste
du développement
de l'enfant.
B. CRAMER est
professeur de
psychiatrie
infantile, pionnier
dans le domaine
de la psychothérapie
mère-enfant.
Ils rappellent
les découvertes
de KROMELOW
et de KOTELCHUK
:
"On a pu
démontrer
que, pendant
la deuxième
année,
le père
est perçu
par le jeune
enfant comme
un partenaire
social différent
de la mère,
ce qui entraîne
une organisation
alternative
du comportement.
(Kromelow, Harding
et Touris, 1990)
Par ailleurs,
les récentes
études
sur l'interaction
ont démontré
un phénomène
qui nous force
à reconnaître
l'importance
d'un attachement
primaire entre
bébés
et pères.
Lorsque le père
est réellement
présent
(psychiquement
et géographiquement),
les bébés
démontrent
des capacités
d'attachement
envers lui presque
aussi tôt
qu'en ce qui
concerne les
mères
(Kotelchuck,
1976). [
]
ces études
démontrent
que le père
peut être
un parent compétent
d'emblée,
entraînant
un attachement
plus précoce
au père
que nous l'avions
imaginé
jusqu'alors"
BRAZELTON
T. B et CRAMER
B, Les premiers
liens, Paris
Stock 1990,
p54-55
HUBIN-GAYLE
:
" Le lien
qui les unit
[les pères]
à leurs
enfants, s'il
est différent
de celui établi
avec la mère,
n'en est pas
moins fort pour
autant. "
HUBIN-GAYLE
Mylène,
Les bébés,
collection idées
reçues,
p100
Elisabeth FIVAZ-DEPEURSINGE,
en 1999, après
avoir observé
des bébés
de 3 mois, 9
mois et des
parents en attente
de naissance,
parle du "triangle
primaire"
existant dés
la grossesse.
Ce triangle
est le cadre
de référence
des relations
du bébé
:
"Le
bébé
et ses parents
communient à
trois dés
la première
année.
Le bébé
de 3 mois comprend
parfaitement
qu'il a deux
interlocuteurs
égaux
lorsque ses
parents alignent
leurs corps
à distance
de dialogue
et s'adaptent
de manière
flexible aux
orientations
du bébé
vers l'un ou
l'autre. Alors
il s'oriente
vers l'un puis
vers l'autre
partageant ainsi
ses affects
entre ses deux
parents."
"Lorsqu'on
observe un bébé
de trois mois
en interaction
avec ses deux
parents, on
ne peut non
plus manquer
de découvrir
qu'il coordonne
son attention
entre ses deux
parents, voire
même qu'il
partage ses
affects avec
eux deux, dans
des préfigurations
des moments
de communion
de sentiments.
Enfin, et ce
n'est pas surprenant
pour des cliniciens,
tout cela se
prépare
pendant la grossesse.
Devenir parent,
c'est donc devenir
co-parent dans
le triangle
primaire formé
avec le bébé."
FIVAZ-DEPEURSINGE
Elisabeth, Le
bébé
et ses parents
communient à
trois dés
la première
année
de vie ; devenir
père
devenir mère,
M Dugnat éd
Romonville St
Agne , 1999,
p69, p71
Jean LE CAMUS,
docteur d'état
en psychologie,
professeur de
psychologie,
responsable
des recherches
sur la psychologie
du jeune enfant
à l'Université
de Toulouse
:
"Il
est donc clair
désormais
qu'au cours
des 9 premiers
mois de la vie
(et à
plus forte raison
dans les 3 mois
et les 2 années
qui suivent)
l'enfant engramme
sans les confondre,
les stimuli
sensoriels,
les modes de
communication
verbale et non
verbale, les
affects émis
par chacun des
deux parents"
"A
l'aube du XXIe
siècle,
il ne paraît
plus possible
de soutenir
que la fonction
du père
n'est légitimée
que par le bon
vouloir de la
mère,
que cette fonction
peut être
indifféremment
remplie par
un homme ou
une femme, qu'elle
n'a de prise
qu'à
partir de l'âge
de 18 mois ou
à partir
du moment où
l'enfant est
entré
dans le stade
dipien,
qu'elle se réduit
à l'introduction
et la mise en
application
de la Loi -
autant d'affirmations
convenues qu'on
répète
à longueur
d'ouvrage sans
même se
donner la peine
de les soumettre
à l'épreuve
de l'expérience
clinique"
"Il
n'y a pas un
"âge
de la mère"
au cours duquel
l'enfant aurait
seulement besoin
d'affection,
puis un "âge
du père"
au cours duquel
prévaudrait
le besoin d'autorité
(seconde enfance
et adolescence).
C'est dés
le commencement
et tout au long
de l'enfance
que la mère
et le père
doivent se rendre
présent
et s'impliquer
chacun à
leur manière
comme de véritables
coacteurs de
la structuration
psycho-affective
et du développement
de leur enfant."
LE
CAMUS Jean,
Le vrai rôle
du père,
édition
Odile Jacob,
2000 p94, p166,
p138
Elisabeth BADINTER,
philosophe,
écrivain,
rappelle : "Le
nouveau père/mère
apporte un démenti
éclatant
à la
thèse
de l'attachement
exclusif du
nourrisson pour
sa mère
(John Bowlby),
et à
sa conséquence
: un bébé
ne peut s'attacher
qu'à
une seule personne
à la
fois. Les travaux
précurseurs
de M. Lamb ou
M. Yogman montrent
qu'il n'en est
rien. C'est
le parent qui
investit le
plus son bébé
qui devient
le principal
objet d'attachement
- sans distinction
de sexe - et
ce rapport préférentiel
n'en exclue
pas d'autres.
de plus les
préférences
changent avec
l'âge.
Si une majorité
d'enfants semblent
plus proches
de la mère
la première
année,
tous changeront
plusieurs fois
de parent favori
au cours des
deux années
suivantes. Cela
dépend
des étapes
psychologiques,
du sexe de l'enfant
et des circonstances
extérieures
(Ehrensaft 1987).
Mais, quelle
que soit l'évolution
de ses sentiments,
l'enfant intériorise
ses deux parents
disponibles
et n'est plus
enfermé
dans une relation
à deux
qui risque de
l'étouffer."
Elisabeth
BADINTER ; XY,
de l'identité
masculine ;
Paris Odile
Jacob 1992,
Le Livre de
Poche p264.